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Pseudo: Adriana EvangeliztCatégorie: PolitiqueDescription:
De quel pays Nicolas Sarkozy est-il le Président ? Vu sa politique, on n'a pas l'impression qu'il est le président de France... quel malheur... Marianne agonise sous les coups de boutoir de l'anti-gaullisme...
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Samedi 23 Février 2008

Julien Dray peut raconter ses salades. On connait ses points communs avec Sarkozy. Son sionisme et son pro-israélisme. Ceci explique cela. Et que notre République soit menacée, qu'est-ce qu'il en a à foutre ? Son pays c'est Israel.

Julien Dray ne soutient pas

"l'appel à la vigilance républicaine" de "Marianne"


Julien Dray a déclaré dimanche qu'il n'aurait pas signé l'appel du magazine "Marianne" à la "vigilance républicaine" car il estime que cette démarche rend "service" au président Nicolas Sarkozy et "brouille" les lignes de l'échiquier politique avant les élections municipales.

"Moi, je ne l'aurais pas signé", a affirmé le porte-parole du Parti socialiste au Grand rendez-vous Europe-1/TV5Monde/Le Parisien-Aujourd'hui en France, craignant la "confusion" entretenue par un texte signé par des représentants de tous les bords politiques. "Je suis pas pour brouiller les lignes à la veille des élections."

Dans une pétition publiée samedi dans l'hebdomadaire "Marianne", 17 personnalités de droite comme de gauche, dont la socialiste Ségolène Royal, le centriste François Bayrou et l'ancien Premier ministre de droite Dominique de Villepin, ont uni leurs voix pour appeler à la "vigilance républicaine" contre "toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective", sans jamais citer nommément Nicolas Sarkozy.

"Je ne vais pas parler de vigilance avec M. de Villepin, c'est quand même l'homme qui a exercé la plus mauvaise vigilance démocratique", s'est exclamé M. Dray, reprochant à l'ancien chef du gouvernement d'avoir "mis un mois et demi à comprendre qu'il a avait fait une mauvaise réforme" après avoir "paralysé le pays" avec le CPE (Contrat première embauche).

Estimant par ailleurs que les fondements de la République ne sont "évidemment" pas menacés, Julien Dray a souhaité que le débat ne "se réduise" pas à une question de méthode. "Je pense que c'est le meilleur service à rendre à Nicolas Sarkozy que de concentrer notre discours, nos critiques, sur l'exercice du pouvoir, parce que ça veut dire que sur le fond, sur le reste, on n'a pas grand-chose à dire", a-t-il conclu. AP

Sources Nouvel Observateur

Posté par Adriana Evangelizt

Vendredi 22 Février 2008

 

Bernard-Henri Lévy a violemment dénoncé les "révisionnistes" français qui, selon lui, minimisent les massacres au Darfour, en recevant lundi soir à Madrid un prix de journalisme pour des reportages dans cette région du Soudan.

 

Le philosophe français a exprimé cette opinion alors qu'il recevait le prix "Reporter 2007" décerné par le quotidien conservateur madrilène El Mundo.

"Il y a à Paris une petite clique de révisionnistes qui ont commencé à relativiser, à banaliser, à nier ce qui se passe au Darfour", a-t-il déclaré à cette occasion à l'AFP.

"Ils pensent qu'un état du tiers-monde comme le Soudan ne peut pas être tout à fait assassin et que des victimes soutenues par l'opinion publique américaine ne peuvent pas être vraiment des victimes", a-t-il ajouté.

Bernard-Henri Lévy a identifié précisément parmi ces "révisionnistes" l'ancien président de Médecin sans frontières (MSF) Rony Brauman, ainsi que les responsables du mensuel le Monde Diplomatique.

"Ils font un sale travail d'insulte aux morts du Darfour", a-t-il ajouté sur un ton particulièrement véhément, au sujet d'un conflit qui a fait, selon l'ONU, 200.000 morts depuis février 2003, un chiffre que ne reconnaît pas Khartoum.

Rony Brauman avait estimé fin octobre que M. Lévy avait une "responsabilité morale" dans l'affaire au Tchad de l'Arche de Zoé (qui affirmait vouloir sauver des enfants du Darfour), pour avoir "installé l'idée" que ce qui attendait "immanquablement" les habitants du Darfour "c'était la mort".

C'est une "polémique indécente", a ensuite déclaré le philosophe français en recevant sa distinction, un des "Prix internationaux de journalisme" décernés chaque année par El Mundo.

Le philosophe espagnol Fernando Savater, connu notamment pour sa dénonciation du terrorisme au Pays Basque espagnol, a été également distingué lundi soir par El Mundo.

Sources 
Jeune Afrique 

Posté par
Adriana Evangelizt

Vendredi 22 Février 2008
 




par Diana Johnstone





Le livre politique le plus médiatisé de cette rentrée en France, Ce grand cadavre à la renverse, de Bernard-Henri Lévy (Grasset, Paris, 2007), est présenté au public comme une réflexion consacrée à la gauche française. Mais curieusement, au fond, il s’agit de toute autre chose.
Bernard-Henri Lévy est de loin le plus connu de la petite coterie de propagandistes qui, il y a quelques trente ans, sous l’étiquette de "nouveaux philosophes", ont entamé une campagne visant à renverser le sentiment anti-impérialiste devenu dominant dans le monde entier, surtout en réaction contre de la guerre menée par les États-unis au Viêt-Nam. La guerre était terminée, et la gauche française était affaiblie par sa dispersion sectaire et l’effondrement des espoirs "révolutionnaires" irréalistes. Les Khmers Rouges, qui avaient pris le pouvoir au Cambodge, suite aux bombardements américains et au renversement de Sihanouk fomenté par les États-unis, ont commis le "bain de sang" que les Américains avaient prédit, à tort, pour le Viêt-Nam. Par leur découverte tardive, mais théâtrale et hautement médiatisée, du goulag soviétique plus de vingt ans après la mort de Staline, et en qualifiant les aberrations meurtrières des Khmer Rouges de "coup fatal porté …à l’idée même de révolution" (p.124), les nouveaux philosophes tentèrent de stigmatiser toute aspiration à un changement social radical comme étant inévitablement "totalitaire". Contre l’omniprésente "menace totalitaire", on réhabilita les États-unis en tant qu’indispensable sauveur de la démocratie et défendeur des droits de l’homme.
Il est difficile de mesurer le véritable impact de cette campagne. Elle fit partie d’une offensive générale de réhabilitation de l’impérialisme américain sous la bannière des "droits de l’homme". Certes, ces publicistes ne furent jamais pris au sérieux par les universitaires et les enseignants de philosophie, mais ils gagnèrent une célébrité immédiate grâce au zèle mis par les médias (à commencer par le Nouvel Observateur) à diffuser leur "nouvelle" version "philosophique" de la propagande de Guerre Froide.


Néanmoins, trente ans plus tard, leur mission semble être accomplie. Bien que n’étant pas philosophe, Nicolas Sarkozy incarne la "nouvelle" Europe rêvée par Rumsfeld au début de la conquête de l’Irak – une Europe prête à suivre les États-unis aveuglément dans ses guerres de "civilisation".


André Glucksmann, le plus hystérique du clan, s’est empressé de se joindre à Sarkozy en tant que philosophe de cour. Bernard Kouchner, le plus mondain des guerriers humanitaires, a attendu l’élection de Sarkozy pour se rallier à lui en tant que ministre des affaires étrangères.
Plus malin que les autres, BHL a refusé de se perdre dans la foule victorieuse. Pendant la campagne, il s’est attribué le rôle de conseiller idéologique Ségolène Royal. Après sa défaite, il a préféré s’attarder sur le champ de bataille politique afin de s’emparer de l’étendard tombé de la gauche. Ou bien, comme le suggère le titre de son dernier livre, pour récupérer son cadavre. Ce livre prétend donner des leçons à la gauche afin de la réanimer. BHL voudrait infuser le cadavre de ses paroles et de ses pensées, le transformant en une sorte de zombie pour effaroucher Ségolène, et l’écarter de Jean-Pierre Chevènement, Noam Chomsky, Michael Moore, Rony Brauman, Alain Badiou, Régis Debray, Harold Pinter et tous les autres adeptes de mauvaises idées qui mèneraient la gauche, selon BHL, vers un nouveau "totalitarisme".


Et quelle est ce nouveau totalitarisme? L’ "anti-américanisme", pardi ! Et l’anti-américanisme, c’est quoi au juste? Selon BHL (page 265), "l’anti-américanisme est une métaphore pour l’antisémitisme." Ah bon.


Et bien sûr, "l’antisémitisme" est l’accusation qui est censée faire disparaître l’adversaire dans une bouffée de fumée, comme la méchante sorcière dans “Le Magicien d’Oz”. Mais la magie fonctionne-t-elle toujours? BHL a peur qu’elle ne soit en train de perdre de sa puissance.

Le monde selon BHL


Quoi que l’étiquette de "philosophe" soit exagérée, l’écrivain BHL a, comme tout le monde, sa philosophie personnelle. D’abord, pour lui, ce sont les idées qui mènent le monde, pour le meilleur et pour le pire (p.402). Surtout pour le pire, apparemment. Les idées pouvant sortir quasi du néant, il faut exercer une vigilance constante. Ce qu’il appelle sa fidélité à la gauche n’a rien à voir avec les rapports socio-économiques, encore moins avec l’opposition à la guerre. Il s’agit plutôt de la dénonciation de certains crimes: la condamnation de Dreyfus, Vichy, divers "génocides" réels ou supposés. Elle est basée, comme il l’explique en détail, sur sa propre galerie personnelle "d’images, d’évènements et de réflexes". Jamais sur une quelconque analyse. Il avance comme une sorte d’Isaïe criant dans le désert, qui n’a pas besoin d’outils modernes de recherche ou d’analyse.


Dans ce monde d’idées, les faits sont secondaires, sinon hors de propos. BHL joue avec eux comme ils joue avec ces idées malléables. Il faut accorder les faits aux idées, pas les idées aux faits. Le concept d’Empire peut s’appliquer à la Chine aujourd’hui ou à l’URSS, aux Turcs, aux Arabes, aux Aztèques, aux Perses, aux Incas dans le passé. Mais il est inopérant lorsqu’il s’agit d’une "Amérique dont la ligne de plus grande pente a toujours été l’isolationnisme et qui, contrairement aux grandes nations de la vieille Europe, n’a jamais colonisé personne" (page 281).


Cette affirmation époustouflante situe BHL clairement au-dessus et au-delà de toute réalité. Dans son livre, il ne s’agit pas non plus de la politique telle qu’on la comprend généralement. Il s’agit plutôt d’énoncer, comme il le dit clairement, du moins avec toute la clarté dont il est capable, une sorte de religion sans Dieu.


Cela peut paraître bizarre de la part d’une célébrité de la jet set qui mène une vie de grand luxe, mais, pour BHL, le modèle à émuler n’est autre que le prophète de l’Ancien Testament, qui dénonce les mauvaises idées qui mèneront le peuple à sa destruction. Cela devient explicite vers la fin de ce dernier livre (comme dans un de ses premiers, Le Testament de Dieu). En fait, si l’on commence par la fin du livre au lieu du début, on peut voir que le vrai sujet n’est ni le Parti socialiste ni la gauche, mais une exhortation prophétique vers une sorte de guerre de religion.


En parlant d’une "évaluation généalogique" des idées de démocratie et des droits de l’homme, BHL exprime cette nostalgie pour une époque biblique. De ces idées, il écrit (page 398):

"On peut les trouver trop grecques…
"On peut les juger trop romaines…
"On peut regretter que l’universalisme tel que nous l’entendons soit passé avec armes et bagages du côté du ‘ni juif ni grec’ paulinien et qu’il ait oublié en chemin le goût des singularités que l’on trouvait encore, et chez les juifs, et chez les Grecs.
"On peut alors, comme Levinas, vouloir faire réentendre ces voix juives, ce souffle prophétique, qu’a étouffés le gréco-romano-paulinisme."

Référence est faite ici au philosophe lituanien-franco-israélien Emmanuel Levinas, dont les contorsions métaphysiques sur la culpabilité et l’innocence ont amené B-H Lévy et Alain Finkielkraut à voir en lui leur propre prophète contemporain. En 2000, avec Benny Lévy, qui avait quitté la direction de la "Gauche prolétarienne" pour retourner au giron du judaïsme traditionnel, ils ont fondé l’Institut des Études Lévinassiennes à Jérusalem et à Paris, consacré (pour reprendre mot pour mot le propos de Benny Lévy) au combat "contre la vision politique du monde". Leur référence inépuisable est le Talmud.


Le style prophétique plane au dessus des faits pour proférer les lamentations, les prémonitions et les exhortations. Il projette une ambiance d’urgence morale trop pressée pour s’attarder aux analyses claires et raisonnées, fondées sur le respect scrupuleux des faits et sur l’honnêteté dans la présentation des jugements opposés au sien.


Le rejet de l’analyse n’est pas qu’une astuce de rhétorique. Il est au coeur même de la vue du monde de l’écrivain. Il n’est qu’une expression du rejet, de la part de certains secteurs de la pensée contemporaine, de toute tentative d’expliquer les évènements historiques à partir de causes matérielles ou politiques. Ce rejet est central dans l’attitude religieuse envers l’Holocauste, ou la Shoah (c’est-à-dire, le génocide des juifs compris en termes religieux). Pour les défenseurs de cette religion contemporaine, il est inacceptable de chercher des explications matérielles à des évènements qui doivent rester "incompréhensibles" de par leur énormité. La moindre tentative d’expliquer la montée de Hitler par des faits tels que le choc de l’humiliation de la défaite de 1918, la perte de territoires nationaux, l’inflation galopante suivie du chômage de masse, est rejetée comme un effort visant à "excuser". Toute explication autre que la haine éternelle des juifs risque même d’être dénoncée comme de l’antisémitisme.
Ce refus d’analyser les facteurs matériels sous-jacents aux phénomènes idéologiques s’étend aux autres évènements. En voulant expliquer la perte de vitesse de l’esprit européen, BHL ne fait aucune mention du fait, pourtant de plus en plus manifeste, que l’Union Européenne est devenue l’instrument pour imposer une politique économique, notamment la privatisation forcée de services publics, que le peuple n’a pas choisie et ne peut pas influencer. Non, si l’Europe est "mal partie", c’est à cause de la "béance énorme qu’est, dans toute l’Europe, la place vide des six millions de juifs assassinés". Il voit la crise de l’Europe dans "le cri du coeur d’une Europe mort-née, ou née alors qu’une part d’elle-même était morte, et qui ne sait plus vivre, de ce fait, que de la vie des spectres" (p.232).


Cette vision anti-politique des évènements est comparable à celle des sorciers avant le développement de la médecine moderne. Le plus grand souci de ces Lévinassiens est clairement l’antisémitisme, tout comme la peste noire était le grand souci des Européens au 14ème siècle. Ils sont même obsédés par la possibilité de sa résurgence. Mais leur approche religieuse – même se réclamant de l’athéisme (p.405) – les empêche d’analyser les causes d’une façon qui pourrait aider à éviter une nouvelle éruption de cette maladie.

Guerre de Religion


Dans son chapitre consacré à l’avenir "progressiste" de l’antisémitisme ("Le néo-antisémitisme sera progressiste ou ne sera pas"), BHL traite celui-ci comme une sorte de démon qui rode à travers l’histoire sous des déguisements variables. C’est "ce long cri de haine qui, depuis des siècles et des siècles, poursuit le Peuple de la Parole". Il ne faut pas demander "pourquoi?". Il faut seulement demander "comment?"


A cette question-là, BHL fournit une réponse. L’antisémitisme fera sa prochaine apparition inévitable par la voie de la gauche. Sur ce sujet, qui lui tient à coeur, il lui arrive de faire quelques observations justes. Il reconnaît implicitement une réalité que beaucoup d’autres refusent de voir, c’est-à-dire qu’en Europe, aujourd’hui, l’authentique religion, celle dont le sens du sacré fonctionne encore, c’est la Shoah, l’Holocauste. Ou, comme il le dit, "la religion de l’époque" est "de plus en plus clairement fondée sur ces trois solides piliers que sont le culte de la victime, le goût de la mémoire et la réprobation des méchants (l’antifascisme triomphant, l’amour de la victime et le devoir de mémoire)". Cela étant, il s’inquiète de voir qu’une certaine compétition entre victimes alimente du ressentiment envers les juifs, accusés d’avoir "mis main basse sur le capital victimaire. Shoah business…"


"Que reste-t-il pour le génocide des Indiens d’Amérique, me demanda, un jour, le chef indien antisémite Russell Means? Rien; les juifs américains ont tout pris; ils se sont approprié jusqu’à l’idée de génocide." Là-dessus, BHL fait même une rare mention des Palestiniens, dont le pire ennemi serait "ce vacarme qui se fait autour de la souffrance du peuple juif et qui couvre leur voix à eux" (p.318).


La réponse de BHL n’est autre que d’insister encore que la Shoah est bien unique dans l’histoire, en ajoutant que les musulmans étaient du côté d’Hitler et ne peuvent donc pas être considérés comme des victimes innocentes du sionisme. Et que de telles plaintes ne sont que des manifestations de la nouvelle vague d’antisémitisme. Tout cela suit de l’a priori selon lequel il ne peut y avoir d’explication pour l’antisémitisme autre que la nature éternelle de l’antisémitisme lui-même. Et il ne peut surtout pas y avoir de cause pour laquelle certains juifs eux-mêmes, dans le cas présent, l’État d’Israël, pourraient porter une part de responsabilité.
Au lieu d’analyser, BHL prophétise. Il prévoit la prochaine vague d’antisémitisme dans "l’unité du négationnisme, de l’antisionisme et de la compétition victimaire". Et que faire devant ce péril? Encore de l’exhortation, et un nouvel ennemi "fasciste" à combattre: "l’islamofascisme" ou, comme il préfère le nommer, le "fascislamisme".

Programmation de la Gauche Zombie

BHL s’adresse à la gauche zombie qu’il espère inspirer avec ses prophéties.
Exhortation numéro un: arrêtez de parler d’Israël et de la Palestine! Il faut limiter "la référence obsessionnelle à Israël." Parlez plutôt du Darfour, de la Tchétchénie…
Deuxième exhortation: remplacer le concept de tolérance par la laïcité. Bref, pas de tolérance envers le "fascislamisme", qu’il arrive à discerner même dans les positions relativement modérées d’un Tariq Ramadan, par exemple, sans parler des femmes voilées et des Musulmans qui se fâchent contre les caricatures du Prophète représenté comme terroriste.
Troisième exhortation: reconnaître dans l’islamisme une forme de fascisme.
Ce zombie programmé est finalement tout ce que BHL offre à la gauche ou aux juifs.


Avec quel résultat possible?


Le silence des comptes rendus en ce qui concerne le judéocentrisme flagrant du livre suggère qu’une certaine forme d’intimidation fonctionne efficacement. On peut néanmoins se demander si le fait de ne pas oser mettre en question une quelconque affirmation faite "aux nom des juifs" (sans demander leur avis!) est vraiment "bon pour les juifs"? BHL lui-même, en parlant de la "compétition victimaire", exprime des doutes. Mais il persiste.


Il est évident qu’il vaudrait mieux pour la gauche, pour les juifs, pour tout le monde, surmonter ces inhibitions religieuses et regarder en face la réalité du monde, y compris Israël, l’Irak – invisible dans ce livre – la Palestine, l’Iran, et, oui, les États-unis et son complexe militaro-industriel déchaîné qui trouve des prétextes pour l’utilisation de sa puissance militaire dans l’hystérie néo-conservatrice au sujet de "l’islamofascisme". Le mode prophétique affectionné par Bernard-Henri Lévy n’est autre qu’une irrationalité émotive, tout comme l’antisémitisme, divers délires religieux et même le "fascisme". Il s’agit d’une posture idéologique, sans rapport aucun avec un concept sensé de politique progressiste.

Diana Johnstone est l’auteur de "La Croisade des fous", Le Temps des Cerises. On peut lui écrire à: diana.josto@yahoo.fr.

Sources Auteur

Posté par Adriana Evangelizt

Vendredi 22 Février 2008

Excellent article à relire et à méditer. Ne serait-ce que pour bien comprendre la "nullité" de ceux que l'on nomme les "nouveaux philosophes". Comme le fait si habilement remarquer Stefan Durand, Deleuze -qui lui était un vrai philosophe- dénonçait "la pensée nulle des nouveaux philosophes". Et trente années plus tard, « ces penseurs toujours « nuls » mais plus vraiment « nouveaux » et toujours pas « philosophes » se retrouvent à l’avant-garde pour propager en France, sur la base de « mélanges grotesques »  le concept creux de « fascisme islamique ». Et nous ajouterons à leur encontre ce qu'ils ont en commun, ils sont surtout philo-israéliens ou philo-sionistes, on ne peut même pas dire philosémites car ils ne possèdent pas le vrai sens de la judéité ou du judaïsme, ne peuvent donc pas "philosopher" sur ce concept et font honte aux vrais juifs dont nous sommes. C'est à dire des êtres fondus dans la multitude qui ne se prennent pas pour ce qu'ils ne sont pas.

Un cadre idéologique pour la « troisième guerre mondiale »

Fascisme, islam et grossiers amalgames

Par Stefan Durand

 Monde Diplomatique


Alors que les Etats-Unis s’enlisent en Irak et que ce pays sombre dans la guerre civile, l’administration Bush continue de justifier ses interventions au Proche-Orient au nom de la lutte contre le « fascisme islamique ». Ce cadre idéologique permet de ranger dans la même catégorie des mouvements disparates, d’Al-Qaida au Hezbollah en passant par les Frères musulmans.

« Ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses. La loi, le pouvoir, le maître, le monde, la rébellion, la foi. Ils peuvent ainsi faire des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. » En cela, « ils cassent le travail consistant à “former” des concepts à articulation fine, ou très différenciée, pour échapper aux grosses notions dualistes. » En 1977, Gilles Deleuze dénonçait ce qu’il appelait la « pensée nulle » des « nouveaux philosophes ».

Trente années plus tard, ces penseurs toujours « nuls » mais plus vraiment « nouveaux » et toujours pas « philosophes » se retrouvent à l’avant-garde pour propager en France, sur la base de « mélanges grotesques », le concept creux de « fascisme islamique ».

On pourrait se contenter de passer outre si ce concept n’avait pas été utilisé publiquement par le président des Etats-Unis, M. George W. Bush, le 7 août 2006, et à l’occasion d’autres discours officiels américains, dans lesquels on regroupait des organisations fort différentes les unes des autres (Al-Qaida, les Frères musulmans, le Hamas, le Hezbollah...), faisant de ces mouvements les « successeurs du nazisme et du communisme ». La requalification de la « guerre contre le terrorisme » en « guerre contre le fascisme islamique », et donc l’inscription des mouvements fondamentalistes musulmans dans la lignée de ce qu’on a appelé au XXe siècle, sans distinctions, les « totalitarismes », n’est pas innocente. Elle vise à relégitimer des politiques bellicistes, en se fondant sur des amalgames et sur les vieilles ficelles de la « politique de la peur ».

La paternité du néologisme « islamo-fascisme » a été revendiquée dans l’hebdomadaire néoconservateur The Weekly Standard par le journaliste Stephen Schwartz (1), qui collabore par ailleurs à un site Internet très controversé, FrontPage magazine, de David Horowitz.

Toutefois, n’ayant utilisé le terme pour la première fois qu’en 2001, ce n’est donc pas Schwartz qui a inventé l’expression, mais l’historien Malise Ruthven en 1990, dans le quotidien britannique The Independent (2). Et Christopher Hitchens a popularisé la formule aux Etats-Unis. Journaliste brillant, autrefois à gauche, il s’est rallié à la guerre contre l’Irak du président Bush. Mais c’est probablement à l’orientaliste Bernard Lewis (3), conseiller de la Maison Blanche, mû par une forte hostilité envers l’islam, qu’on doit son cheminement jusque dans un discours officiel du président. Schwartz se considère d’ailleurs comme un disciple de Lewis.

Des mouvements transnationaux

Si l’on se fonde sur les traditionnelles définitions théoriques formulées par des experts du fascisme (Hannah Arendt, Renzo De Felice, Stanley Payne ou Robert O. Paxton), on s’aperçoit qu’aucun des mouvements islamistes regroupés par le président Bush dans l’expression « islamo-fascisme » ne correspond aux critères. Non pas que la religion soit incompatible avec le fascisme. Si Payne estime que le fascisme a besoin pour se développer d’un espace séculier (4), Paxton et d’autres lui rétorquent que cela ne vaut que dans le cas européen. Il peut bel et bien exister un fascisme musulman, comme d’ailleurs un fascisme chrétien, un fascisme hindou et un fascisme juif.

Toutefois, les mouvements montrés du doigt par l’administration Bush n’entrent pas dans cette catégorie. L’islamisme doit être appréhendé comme un phénomène contemporain, nouveau et distinct. Certains éléments du fascisme traditionnel peuvent assurément être décelés dans des mouvements fondamentalistes musulmans : la dimension paramilitaire, le sentiment d’humiliation et le culte du chef charismatique (dans une mesure toutefois relative et peu comparable avec les cultes du Duce ou du Führer). Mais toutes les autres dimensions (nationalisme expansionniste, corporatisme, bureaucratie, culte du corps...), fondamentales, du fascisme font généralement défaut.

Les mouvements islamistes sont souvent transnationaux, et donc bien loin du « nationalisme intégral » qui caractérisa les fascismes européens des années 1930. Le fascisme était, par nature, impérialiste et expansionniste. Or, s’il est vrai que des cellules d’Al-Qaida opèrent dans de nombreux pays et que certains mouvements islamistes rêvent d’une reconquête de l’Andalousie ou de la Sicile et de la restauration du califat, des formations comme le Hamas et le Hezbollah, si contestables que puissent être leurs orientations religieuses et certaines de leurs actions armées (en particulier les attentats contre des civils), sont en lutte contre des occupations territoriales.

De son côté, le régime des talibans en Afghanistan s’apparentait davantage, par son absolutisme religieux, aux théocraties obscurantistes du Moyen Age qu’aux régimes fascistes ayant émergé dans les pays industrialisés à la suite de la première guerre mondiale.

La dimension corporatiste – relation quasi fusionnelle entre l’Etat, les entreprises et les corps de métiers –, inhérente au fascisme, fait également défaut dans le contexte islamique (la relation étroite, en Iran, entre les commerçants du bazar et le régime ne peut lui être comparée). De plus, les mouvements islamistes ne sont pas, en général, soutenus par le complexe militaro-industriel d’un pays, même si, en Iran encore, l’articulation entre l’Etat religieux et la puissante industrie militaire pourrait laisser penser le contraire. Mais cette articulation existe aussi dans des pays qu’on ne saurait qualifier de « fascistes », par exemple les Etats-Unis, la France ou le Japon.

Disposer d’un « Etat partisan » représente une condition nécessaire à l’exercice d’un pouvoir de nature fasciste. Or les groupes islamistes ciblés sont le plus souvent des organisations non étatiques, en marge du pouvoir de leur pays, ou persécutés par ce dernier. Par ailleurs, si paradoxal que cela puisse paraître pour des mouvements idéologiquement structurés par la religion, les aspects idéologiques apparaissent souvent secondaires chez ces organisations islamistes, alors que Raymond Aron soulignait la « place démentielle » de l’idéologie dans tout système totalitaire, lequel reposait selon lui sur un « primat de l’idéologie (5) ».

Les mouvements islamistes instrumentalisent la religion et cherchent à s’en servir comme d’une idéologie, mais il n’y a pas volonté de créer un « homme nouveau », comme ce fut le cas en Europe. Il s’agit plus de vieux archaïsmes religieux ou sociétaux que d’une idéologie globale et cohérente. De surcroît, le succès populaire de ces mouvements découle souvent de facteurs autres qu’idéologiques. A titre d’exemple, le vote Hamas ne reflète pas une adhésion du peuple palestinien à l’idéologie religieuse de ce mouvement, mais serait surtout la résultante d’un vote-sanction contre la corruption du Fatah. Au Liban, nombreux sont ceux qui soutiennent le Hezbollah sans souscrire pour autant à son discours islamiste. Et les intellectuels qui appuient ces mouvements le font généralement en dépit de leur idéologie, non par adhésion à l’islamisme. En revanche, le fascisme et le nazisme, en tant qu’idéologies, ont séduit des intellectuels par milliers, dont certains très éminents.

Al-Qaida, par exemple, ne peut se prévaloir que de rares soutiens de cet ordre, et son discours, des plus sommaires, rappelle davantage celui des phénomènes sectaires anciens que celui des régimes fascistes européens.

Le fascisme et le nazisme étaient des mouvements de masse, fondés sur une politisation et un consentement des foules, alors que les organisations islamistes, en dépit de tous les éléments propices, comme la crise économique et l’humiliation généralisée, se heurtent dans la plupart des pays musulmans à des sociétés civiles attachées à leurs libertés. Le nombre de ceux qui soutiennent les mouvements fondamentalistes musulmans en Afrique du Nord n’est pas beaucoup plus élevé que le nombre de ceux qui, en Europe, soutiennent les mouvements de la droite extrême. Le mouvement Al-Qaida ne parvient à séduire qu’une partie très réduite des musulmans. Dans chacun des pays musulmans sommeillent, sous des dictatures fréquemment inféodées aux Etats-Unis, des sociétés civiles extraordinairement vives, non pratiquantes et antitotalitaires. En outre, comme l’écrit Paxton : « Ce qui nous empêche essentiellement de succomber à la tentation de taxer de fascistes les mouvements islamiques fondamentalistes comme Al-Qaida et les talibans est qu’ils ne sont pas le produit d’une réaction contre des démocraties dysfonctionnelles. Leur unité est davantage organique que mécanique, pour reprendre la célèbre distinction d’Emile Durkheim (6). Par-dessus tout, ces mouvements ne peuvent pas “renoncer aux institutions libres”, n’en ayant jamais eu (7). » On pourrait évoquer bien d’autres éléments permettant de récuser cette analogie avec le fascisme : pas de monopole de l’information (même en Iran ou en Arabie saoudite, malgré le strict contrôle du pouvoir religieux, des brèches existent qui laissent passer le souffle d’une certaine liberté), pas de darwinisme social, pas d’économie dirigée ni de mobilisation planifiée de l’industrie, pas de monopole des armes...

Le cas de la République islamique d’Iran est certes problématique. M. Mahmoud Ahmadinejad peut s’appuyer sur un « Etat partisan », contrôle très étroitement les médias par l’intermédiaire d’un ministère de la culture et de l’orientation islamique, et mobilise son économie – planifiée – ainsi que son imposant complexe militaro-industriel. Peut-on pour autant parler, même dans ce cas, d’islamo-fascisme ? Pas vraiment, tant les contre-pouvoirs demeurent nombreux et la société civile vigilante. Le président iranien doit composer avec le Majlis (Parlement), et il lui a fallu plusieurs mois pour obtenir de celui-ci la confirmation de certains ministres. Le numéro un de l’Etat iranien, le « guide suprême », l’ayatollah Ali Khamenei, a par ailleurs soumis les décisions du gouvernement de M. Ahmadinejad à l’aval du Conseil de discernement, dirigé par M. Hachémi Rafsandjani, qui n’est autre que le candidat défait par M. Ahmadinejad à l’élection présidentielle.

M. Ahmadinejad doit aussi composer avec l’ancien président, le « réformateur » Mohammad Khatami, lequel conserve une popularité non négligeable. L’éditorialiste Tzvi Barel soutient dans Haaretz que les diatribes anti-israéliennes du président iranien « s’expliquent en fait par les tensions idéologiques et les rapports de forces au sein de la République islamique (8) ». Enfin, le « populiste » Ahmadinejad a beaucoup de mal à séduire les élites, et une grande partie de la société civile iranienne est déterminée à lutter contre l’emprise des ultraconservateurs.

Si le terme générique d’« islamo-fascisme » paraît incongru, cela ne signifie pas que l’imprégnation fasciste soit absente en contexte islamique. Les mondes arabe et musulman comptent un nombre considérable de dictatures et de régimes autoritaires que l’on pourrait qualifier de fascisants, souvent alliés des Etats-Unis dans leur « guerre mondiale contre le terrorisme ». Les dictateurs d’Azerbaïdjan, d’Ouzbékistan, du Kazakhstan et du Turkménistan, quatre Etats musulmans, sont curieusement épargnés par les critiques américaines, bien que le caractère semi-fasciste de ces régimes saute aux yeux. La monarchie saoudienne est en odeur de sainteté à Washington, malgré son fondamentalisme et son obscurantisme religieux, son appui à des mouvements islamistes radicaux et ses outrances. Le soutien à la politique extérieure américaine paraît valoir excuse de toutes les dérives autocratiques et fascisantes. Désormais absous dans les chancelleries occidentales après avoir renié son turbulent passé, comme le réclamait Washington, le colonel Mouammar Kadhafi a pu célébrer le trente-septième anniversaire de son arrivée au pouvoir en appelant au meurtre de ses opposants, sans que nul ne s’en émeuve en Occident (9).

Le terme « fasciste » pouvait-il se justifier à propos de la dictature du président Saddam Hussein, des baasistes et de leurs moukhabarat (services secrets) en Irak ? Sans doute. Le régime de M. Hussein était un régime ultranationaliste, reposant sur le culte démesuré du chef, ne distinguant pas entre les sphères publique et privée, et de surcroît expansionniste. Lors d’une conférence au Koweït en 1987, Edward W. Said avait mis en garde les gouvernants du Golfe : « En continuant de soutenir financièrement Saddam Hussein, vous vous rendez complices de ce fascisme arabe, dont vous finirez par être les victimes. » Ce n’est que le 2 août 1990, après l’invasion de leur pays, que les dirigeants koweïtiens le comprirent.

Anciens alliés de Washington

L’hypocrisie est encore plus frappante si l’on songe que ceux que l’on qualifie aujourd’hui d’« islamo-fascistes », notamment les néotalibans afghans, étaient, durant leur lutte contre les Soviétiques dans les années 1980, encensés à Washington comme les « équivalents moraux » des Pères fondateurs des Etats-Unis (10). Les Frères musulmans égyptiens ont été eux aussi très généreusement aidés par les services de renseignement britanniques et américains. Et le gouvernement israélien a favorisé les Frères musulmans en Palestine (avant la naissance du Hamas) pour endiguer le pouvoir du Fatah, des marxistes et de l’Organisation de libération de la Palestine.

On peut et on doit critiquer avec détermination certains mouvements obscurantistes et fanatiques qui, dans le monde musulman, ont recours au terrorisme, mais sans pour autant employer des termes provocants et datés comme « nazislamisme » ou « islamo-fascisme », qui stigmatisent des populations entières en établissant une relation directe entre leur religion et les partis extrémistes qui l’ont instrumentalisée au nom d’objectifs politiques. Refuser un concept frauduleux ne signifie nullement que l’on doive s’interdire de critiquer les crimes des islamistes et leur vision du monde. Le brillant intellectuel pakistanais Eqbal Ahmad n’a-t-il pas fait preuve d’un courage exceptionnel en défendant devant des foules pakistanaises en colère l’écrivain Salman Rushdie, menacé de mort par une fatwa iranienne ?

Toutes ces considérations n’ont que peu d’importance aux yeux des jacksoniens (11) et des néoconservateurs qui dominent la politique extérieure des Etats-Unis, pour qui l’usage de l’expression « fascisme islamique » est surtout utile en raison de sa charge émotionnelle. Elle permet de semer la peur. Or c’est là que réside l’un des principaux dangers. En accréditant l’idée que l’Occident combat un nouveau fascisme et de nouveaux Hitler, on prépare l’opinion à accepter l’idée que la guerre peut et doit être « préventive ». La réponse à la « menace fasciste », massive, se trouve donc justifiée quelles qu’en soient les conséquences en termes de vies humaines. « Les Alliés ont bien bombardé Dresde », répliquèrent certains néoconservateurs à ceux qui critiquaient le largage par les F-16 israéliens de centaines de bombes à sous-munitions sur des quartiers civils libanais.

L’acharnement à vouloir « nazifier » son adversaire n’a rien d’inédit. Périodiquement, les médias occidentaux découvrent un « IVe Reich » et un « nouveau Führer ». Successivement Gamal Abdel Nasser, Yasser Arafat, Slobodan Milosevic, M. Hussein et à présent M. Ahmadinejad ont été comparés à Hitler. Nasser était appelé le « Hitler du Nil ». Menahem Begin qualifiait Arafat de « Hitler arabe ».

Aujourd’hui, le président iranien et ses philippiques négationnistes offrent un terrain fertile aux manipulations des médias. C’est ainsi que le néoconservateur iranien Amir Taheri, ancien collaborateur du Shah, a diffusé une « nouvelle » selon laquelle l’Iran s’apprêterait à faire porter l’étoile jaune aux juifs iraniens. Bien que fausse, elle a fait la « une » du quotidien conservateur canadien The National Post, avec en gros titre : « Le IVe Reich ». Que cette information ait été vigoureusement niée par les juifs iraniens eux-mêmes et par toute la presse n’a rien changé à l’affaire. Le « coup médiatique » a réussi, et des centaines de milliers de Canadiens et d’Américains sont désormais convaincus que les juifs iraniens portent une étoile jaune. Ce qui sera fort utile si les Etats-Unis décident de lancer une nouvelle guerre préventive contre l’Iran...

Les utilisateurs de l’expression « islamo-fascisme » ont en commun de vouloir en découdre et de poursuivre les actions armées menées au nom de la « guerre mondiale contre le terrorisme ». Au fil des ans, l’historien britannique Lewis a popularisé la notion selon laquelle les Arabes et les « Orientaux » ne comprennent que la force. Il aurait été bien inspiré de lire Arendt, qui écrivait : « Nonobstant tous les espoirs du contraire, il semble qu’il y a un argument que les Arabes sont incapables de comprendre : c’est la force (12). »

Unir sous une seule bannière, celle d’« islamo-fascistes », des dizaines de mouvements disparates, souvent en conflit les uns avec les autres, et ayant des objectifs très divers, permet d’enraciner le mythe d’un complot islamiste mondial, d’occulter les questions géopolitiques purement profanes, et donc de ne plus évoquer les causes qui ont entraîné la naissance de la plupart de ces mouvements. Notamment les occupations coloniales et les conflits territoriaux dont seule une juste résolution peut permettre d’assécher le terreau sur lequel prospère le terrorisme islamiste contemporain.

On singe à peu de frais les postures churchilliennes et on se permet symétriquement de traiter de « munichois » tous ceux qui s’opposent à ces guerres aussi absurdes que contre-productives. Au lieu de voir en eux des esprits lucides, on les présente comme autant d’« idiots utiles », incarnations modernes d’Edouard Daladier et de Neville Chamberlain signant en 1938 les accords de Munich avec Hitler. « Rien n’est pire que les prétendues leçons de l’Histoire, lorsqu’elle est mal comprise et mal interprétée », disait Paul Valéry.

(1) Cf. son article du 17 août 2006, « What is “islamofascism” ? ».

(2) 8 septembre 1990 : « L’autoritarisme gouvernemental, pour ne pas dire l’islamo-fascisme, est la règle plutôt que l’exception du Maroc au Pakistan. »

(3) Lire Alain Gresh, « Bernard Lewis et le gène de l’islam », Le Monde diplomatique, août 2005.

(4) Parce qu’à ses yeux « un fascisme religieux limiterait inévitablement les pouvoirs de son dirigeant, non seulement à cause du contre-pouvoir culturel du clergé, mais aussi des préceptes et des valeurs véhiculés par la religion traditionnelle ».

(5) Raymond Aron, Démocratie et totalitarisme, Gallimard, Paris, 1965.

(6) Pour simplifier, la théorie durkheimienne oppose la « solidarité organique », caractérisée par la différenciation et une faible conscience collective, à la « solidarité mécanique », caractérisée par les ressemblances et une forte conscience collective.

(7) Robert O. Paxton, Le fascisme en action, Seuil, Paris, 2004.

(8) Cet article a été repris par Courrier international le 3 novembre 2005, sous le titre « Cause toujours, Ahmadinejad ».

(9) Dépêche Reuters du 31 août 2006. En d’autres temps, cette nouvelle aurait fait la « une » des grands quotidiens américains.

(10) Pour un panorama global de ces liaisons dangereuses, notamment en Asie du Sud-Est, cf. l’ouvrage du professeur à Columbia Mahmoud Mamdani, Good Muslim, Bad Muslim. America, the Cold War and the roots of terror, Three Leaves Publishing, New York, 2005.

(11) Walter Russel Mead appelle « jacksoniens », en référence au président américain Andrew Jackson (1829-1837), les ultranationalistes qui n’hésitent pas à intervenir à l’extérieur mais qui, contrairement aux néoconservateurs, ne cherchent pas à s’engager dans le nation building. MM. Richard Cheney et Donald Rumsfeld peuvent être qualifiés de « jacksoniens ».

(12) Hannah Arendt, « Peace or armistice in the Near East ? », dans Review of Politics, université Notre-Dame, Indiana, janvier 1950.

Sources Monde Diplomatique

Posté par Adriana Evangelizt

 
Vendredi 22 Février 2008

par Rakosky

mariannaute


Suite à l'éditorial de Philippe Bilger, Rakosky, Mariannaute, se demande qui peut bien être ce fameux «BHL» dont on parle tant en ce moment...

Ce gars s'appelle Bernard-Henri Lévy Ce gars s'appelle Bernard-Henri Lévy, mais il paraît qu'il faut dire BHL.

Presque aussi connu que le BHV mais beaucoup moins fréquenté, cet homme a fait beaucoup pour que la philosophie soit enfin dans le panier de la ménagère. Beaucoup vu à Leclerc, mais très peu dans les rayons de nos universités.

Il va falloir me pardonner, mais Kant ou Hegel, je vois à peu près qui c'est, mais lui j'ai du mal à le situer dans l'histoire de la pensée. Il paraît qu'il y a des guerres qu'il a soutenues et d'autres qu'il a condamnées, des causes qu'il a défendues, des combats qu'il a menés. Moi, comme tout le monde, j'ai le souvenir d'une chemise blanche et d'un type un peu agité. Il va falloir que je regarde un peu plus la télé,ma seule chance de le croiser.

Cet homme est venu à la gauche un peu comme le coucou fait son nid. Mais enfin la gauche, on ne sait plus vraiment ce que c'est. Du temps de Blum et de Jaurès, on avait encore quelque repère. Mais aujourd'hui c'est Prodi, Amara, Kouchner... Bref, ça peut être n'importe quoi et n'importe qui. Au point où on en est, pourquoi pas Bernard Henri Lévy. Notre rebelle, échevelé, livide, au milieu des tempêtes, a piqué une sainte colère,il y a des hommes comme ça qui n'existent que par le bruit.

Il s'en est pris à notre pauvre Arlette, qui n'en demandait pas tant. Pour une fois que quelqu'un la prend au sérieux et qu'elle existe un peu entre deux élections. Ainsi qu'à Jean-Pierre Chevènement, maurrassien, rien de moins ! La gauche libérale s'énerve et perd son sang froid : il faut tordre le coup à l'unité de la République et à la notion de peuple souverain. L'Europe s'énerve, l'Europe s'indigne et trépigne d'impatience. Liquidation totale de plusieurs siècles d'histoire : la Révolution, Jaurès, De Gaulle et Jean Moulin au panier.

Mais le clou du spectacle c'est l'attaque contre Guaino et le discours de Dakar. Ce discours, j'ai du aller le rechercher, j'avoue que je ne l'avais pas lu. Juste un discours de Sarkozy, pas de quoi franchement me déranger. Je lis le discours en y cherchant quelque chose d'épouvantable qui excuserait un peu l'injure et le propos ordurier. Pour que l'autre se prenne pour Hugo ou Zola, l'affaire doit être grave,de celle qui fait bouillir le sang. Bingo,j'ai trouvé ! C'est pas compliqué les passages incriminés et là on comprend que la terreur de l'ordre moral est en train de franchir un nouveau palier. Ces gens-là bientôt ne voudront même plus discuter. Leurs dogmes, c'est un peu l'immaculée Conception, gare à l'Index et aux bûchers.

[…]

Il paraît que les notables n'ont pas aimé qu'on leur fasse la leçon et surtout pas les menaces sur le porte-monnaie. Parce que Paris a beaucoup fermé les yeux sur l'usage plutôt privé de tous les fonds versés. Alors l'idée que toutes ces folles dépenses du côté de Cannes ou Saint-Tropez auraient pu mieux servir à développer le continent.

Voilà une rupture épistémologique comme disent les imbéciles prétentieux. Mais enfin rien qui mérite tant de haine. Au fond, la vie de cet homme est toujours une oscillation entre le Paraître et le Néant. Il campe devant la civilisation européenne comme les Turcs sous les murs de Vienne. Heureusement que nous avons encore des guetteurs et des défenseurs.

Sources Marianne

Posté par Adriana Evangelizt

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