par Meursault
Article du 21 septembre 2003
La France a le triste privilège de collectionner les philosophes médiocres recyclés dans la pseudo pensée politique, tels Alain Finkielkraut et Bernard-Henry Lévy. Philosophes sans grand talent ni reconnaissance, ils tentent leur chance dans l’art difficile du commentaire politique, se targuant de nous donner des leçons d’humanisme. Fortement marqués par leurs origines, obsédés par la judéophobie, on les voit dans les médias mener leurs croisades partisanes, aux buts avoués souvent explicites. André Glucksmann fait partie du lot, et constitue à lui seul une aberration qui mérite qu’on s’y attarde.
Glucksmann a deux dadas : La Tchétchénie et l’anti-américanisme. Il voit des anti-américains partout, tout comme Jeanne d’Arc entendait des voix. Glucksmann ne comprend rien à l’Amérique, mais il veut en être le défenseur inconditionnel et le pourfendeur de ceux qui osent critiquer Bush. Il le fait maladroitement, sans nuances, tout en coups de gueule. L’autre soir chez Franz-Olivier Gisbert, plusieurs participants ont dénoncé son manichéisme. Coupant les participants, tout à son obsession, on le vit recevoir une belle leçon de deux vrais spécialistes, Gilles Keppel et un américain spécialiste de politique internationale. L’intervention de ces deux invités montrait de façon flagrante l’inconsistance des thèses erronées de Glucksmann, qui a au moins trois trains de retard sur la question.
Glucksmann voue une admiration sans bornes pour la politique américaine. « Ils ont libéré le peuple irakien de la dictature sanglante de Saddam Hussein, et cela seul justifie le droit d’ingérence », certes, mais pourquoi l’ont-ils fait ? Après avoir été la cause de la mort d’un demi-million d’enfants irakiens pendant l’embargo qu’ils ont imposé, et ruiné le pays, ils auraient envahi l’Irak par bonté d’âme ? Alors pourquoi ne veulent-ils pas céder une once de pouvoir à l’ONU et à leurs alliés, alors qu’ils ne se sortiront pas du bourbier irakien sans aide internationale ? Cette contradiction échappe à Glucksmann, qui aime rappeler l’attentat contre ce qu’il appelle les « twin towers ». Cette citation qu’il fait avec un accent épouvantable, en mauvais anglais, semble lui filer des frissons dans le dos. Les médiocres qui ne comprennent rien à rien aiment les citations exotiques, pour ajouter du poids à leurs arguments. Raté, un discours sans substance ne gagne rien à cet artifice ! Il cite le 11 Septembre à tout propos, mais se souvient-il d’un autre 11 Septembre, en 1973 au Chili, quand les Américains ont renversé Salvator Allende, en installant le dictateur Pinochet. Glucksmann, qui semble ne voir que ce qui l’arrange, sait-il que l’Amérique a monté l’Irak contre l’Iran en armant Saddam Hussein, et le Pakistan contre l’Afghanistan, en ne voyant aucune objection à la dictature de Musharraf ? Bref, Glucksmann, c’est le roi de la mémoire sélective. Pour lui il y a les dictateurs qu’il faut renverser, même au prix de forfaiture, qu’il admet et défend bec et ongles, et ceux pour lesquels il n’objecte pas qu’on flingue la démocratie pour les installer. C’est la logique à Glucksmann, qu’il assène de façon véhémente, sans se rendre compte qu’il a perdu les pédales, dans un monde qu’il n’a jamais compris.
Ses idées sur le conflit israélo-palestinien valent le détour. Interrogé sur la question Glucksmann répond que « ça fait cinquante ans que ça dure, donc c’est complexe et que si on a des idées, on peut lui faire signe ». Ça fait chiément avancer le schmilblick ! Par contre, il est pour la construction du mur et résolument contre le droit au retour des Palestiniens, tout en se réjouissant de la chute de Saddam, qui mettra Israël à l’abri. Tiens donc ! Un avis totalement objectif d’un philosophe humaniste de chiottes, quoi ! Un égaré du commentaire politique, qui pollue de sa présence les cercles de penseurs qui jugent les évènements majeurs de la scène internationale. Mais que vient donc y faire cette longue figure émaciée, couverte d’une touffe de cheveux gris aussi raides que sa pensée, en cascade peu soignée autour d’un regard halluciné. Un épouvantail surexcité, qui attaque en vociférant le « camp de la paix » des 10 millions de gens dans 62 pays qui ont défilé sans relâche pour opposer le droit et la justice à la force.
On comprend ses positions sur la Tchétchénie, mais on ne peut excuser Glucksmann de son obsession contre le camp de la paix, et sa défense de l’usage injustifié de la force, qui a créé un chaos indescriptible en Irak. Pour un philosophe qui se veut l’apôtre de la raison, c’est totalement incohérent. Sauf, bien sûr, si on l’explique par la véritable raison qui fait rouler Glucksmann contre les États arabes du Moyen-Orient, qui serrent Israël de trop près.
Égarés dans un monde qu’il ne comprennent pas, beaucoup d’intellectuels ratés et sans envergure, comme les neo conservateurs américains ou les philosophes recyclés français, se répandent doctement, totalement déphasés, naïfs, prêts à justifier n’importe quelle erreur, pourvu qu’elle soit prétexte à leur soif de publicité personnelle et flatte leurs idées obsessionnelles, au premier rang desquelles la défense du Likoud et de son chef. Sharon le provocateur qui a rallumé un conflit en visitant la Mosquée avec toute l’arrogance de l’irresponsabilité politique de l’envahisseur sioniste.
J’aime ponctuer mes articles de citations populaires, où réside une grande sagesse. Dans la même veine citons Coluche, qui aimait dire que "Quand on n’a rien à dire on devrait être autorisé à fermer sa gueule". On ne peut qu’espérer qu’en dépit de son aveuglement obstiné André Glucksmann recoive ce message cinq sur cinq et essaie de se rendre utile ailleurs. S’il est aussi habile de ses mains que malhabile dans ses opinions sur la démocratie et la justice, qu’il se trouve un petit boulot manuel à l’écart de toute tribune. Bon débarras ! Le vrai débat démocratique y gagnerait en limpidité et l’atmosphère y serait plus respirable.
Glucksmann, tout comme Finkielkraut et Lévy, devraient s’interroger sur leur non-respect de l’éthique philosophique, dans leur croisade aveugle contre ceux qui questionnent Israël. Soi-disant lucides et impartiaux, ils s’engagent ainsi sans retenue à défendre, avec une agressivité incroyable, les thèses de ceux qui ont enflammé le Moyen-Orient. Le détournement des principes philosophiques à des fins partisanes les discrédite, leur retirant le droit d’être philosophes. Ils cautionnent les crimes contre l’humanité du Likoud, qui viennent d’être dénoncés par le Rapporteur auprès des Nations-Unies, et dont le rapport fera éclater dans les jours qui viennent, à la face du monde, les méthodes inhumaines d’Israël pour éliminer physiquement le peuple palestinien, en affamant et en privant d’eau les habitants des territoires occupés. Ces philosophes recyclés, vendus à une cause indéfendable, n’ignorent rien de ces crimes. En feignant de les ignorer et en cautionnant Sharon, ils en sont les complices. De beaux "philosophes", en vérité !
Algarath.
Illustration : F. Vignale
P.S.
Sources Oulala net
Posté par Adriana Evangelizt
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