Sarkozy, ce grand malade
Lluís Bassets
Pour le directeur adjoint d’El País, le président français “se vautre dans l’exhibitionnisme” et “rabaisse la République au niveau de Monaco”. Une charge violente contre un Sarkozy atteint d’une “incurable hypertrophie de l’ego”.
Les Français ont un problème. Ils croyaient avoir un superprésident, un hyperdirigeant capable de les sortir de la dépression et de la décadence, et voilà qu’ils ont écopé d’un président comme ils en ont déjà connu beaucoup d’autres : à savoir malade, limité, qu’il faut dorloter et protéger tout en s’organisant pour que la France tourne et que le gouvernement et les institutions fassent leur devoir. La situation n’a rien d’inédit : Pompidou et Mitterrand étaient déjà des présidents malades et diminués. Le premier est même mort avant la fin de son mandat. Quant à Chirac, il fut un obstacle paralysant pendant une bonne partie de sa présidence. La maladie dont souffre Sarkozy n’a pas la gravité du cancer de la prostate de Mitterrand, mais elle touche un organe vital s’il en est : l’ego. Celui du président est d’évidence atteint d’une hypertrophie probablement incurable.
Plus on s’approche du 9 mars, date du premier tour des élections municipales, plus la nervosité des candidats du parti présidentiel augmente et plus on redoute les interventions de Sarkozy, susceptibles de faire perdre des voix à l’UMP. Le parti du chef de l’Etat est divisé à cause de tensions qu’il a lui-même créées. Le traitement qu’il a infligé en public aux uns et aux autres, y compris à certains de ses collaborateurs les plus proches, est digne du comportement d’un monarque bilieux et capricieux avec ses laquais. Même son actuelle impopularité est extravagante : elle ne s’explique pas par un train de réformes puisque ces dernières sont encore largement inappliquées. Elle s’explique uniquement par son comportement public.
Un triomphe de sultan, seigneur en son sérail
Le trône qu’occupe Nicolas Sarkozy a été imaginé par de Gaulle pour lui permettre d’être le troisième larron d’un monde bipolaire. Le président français voulait être un fier contrepoids occidental dans l’affrontement entre Washington et Moscou. Or Sarkozy, arrière-petit-fils libéral et proaméricain de De Gaulle (après le petit-fils, Chirac, et le fils, Pompidou), s’est installé sur le trône élyséen porté par son ambition personnelle et sa conception égotique de la présidence : il a par le fait encore accru les pouvoirs de la présidence. Et, une fois parvenu à ses fins, il s’est consacré à lui-même, comme un ado narcissique obnubilé par ses sentiments et ses plaisirs. Certes, le pouvoir peut en apporter beaucoup, mais la prudence conseille de ne pas trop en faire étalage. Sarkozy le téméraire fait tout le contraire et se vautre dans l’exhibitionnisme.
C’est sur trois points précis qu’est venu se briser le personnage : l’économie, qui n’a pas enregistré la moindre amélioration depuis son arrivée ; son idéologie plus néocons, voire “théocons”, que gaulliste – en témoignent des prises de position sur la laïcité contraires à la culture de la République ; et sa vie privée, étalée dans les médias. En monarque thaumaturge qui par une simple imposition des mains devait augmenter le pouvoir d’achat, il a échoué au point de prononcer la formule maudite qui rompt les sortilèges : “Qu’est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ?” En monarque philosophe, il a manifesté les plus fortes réserves vis-à-vis des traditions républicaines, en exprimant avec désinvolture son affinité intellectuelle avec le pape. Il n’a pleinement triomphé que dans le rôle de sultan, seigneur en son sérail, paré des atours qui passionnent un certain public – et manifestement aussi ses pairs. Le voilà fasciné par son propre pouvoir de séduction, son goût exquis et sa désinvolture. Mais ce triomphe-là a le don de déprimer beaucoup de Français car il rabaisse la République au niveau de la principauté de Monaco.
Sources Courrier International
Posté par Adriana Evangelizt
L’homme qui ne savait pas être président
par William Pfaff
Les Français sont trop sérieux ou trop convenables pour pardonner à Nicolas Sarkozy ses caprices. Ils ont le sentiment que leur pays en sort diminué.
L’effondrement de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy n’est pas irréversible. Mais cette chute n’en témoigne pas moins, et à plus d’un titre, de l’image qu’ont les Français de leur propre pays. En surface, le problème de Sarkozy semble être que son hyperactivité n’a pas produit grand-chose. Soyons justes, il a tout de même réussi à désamorcer d’importants conflits sociaux qui avaient anéanti la volonté réformatrice du dernier mandat de Jacques Chirac.
Mais le président français est aussi coutumier des annonces tonitruantes et des promesses à l’emporte-pièce que ses ministres sont ensuite chargés d’analyser pour les trouver au bout du compte inappropriées ou inapplicables. Et l’imbroglio Cécilia-Carla n’a rien fait pour arranger les choses, au contraire.
Personne ne lui reproche que son couple ait été en crise, ni même qu’il se soit remarié, mais l’étalage de tout cela dans les journaux du monde entier, dans un tourbillon de “pipolisation”, comme on dit bizarrement en bon franglais, s’est révélé faire très mauvais effet. Car la France reste un pays très attaché à la bienséance. Un endroit où les nobles usages et la politesse permettent de marquer au quotidien une distance bien utile, tout en favorisant une courtoisie aussi indispensable qu’apaisante. La concierge et la boulangère sont systématiquement gratifiées d’un chère Madame* et des nouvelles de leur santé leur sont rituellement demandées. Les échanges de courrier avec le Trésor public ou un quelconque client se concluent toujours par une formule de politesse et de déférence dont les gradations et le bon usage sont expliquées à tout étranger (et à toutes les secrétaires). Nicolas Sarkozy a renoncé à être Monsieur le Président de la République*, sauf lorsque cette noble appellation se révèle opportunément intimidante ; dans les autres cas, il veut simplement être le type qui a un boulot à accomplir, à savoir tapoter les électeurs sur l’épaule, un dirigeant qui a gagné sa place au mérite, tout ça pour finir à la une des magazines people avec sa dernière – somptueuse – conquête. Tout cela ne colle pas, et les Français ont le sentiment que leur pays en sort diminué.
Car la France est un pays éminemment sérieux. Or les grandes décisions de politique étrangère – l’Afghanistan, l’Iran, les rapports de la France et des Etats-Unis, l’OTAN, Israël, les Palestiniens, ou encore le nom du futur président de l’Union européenne ou celui du prochain maire de Neuilly – sont toutes prises par Sarkozy sur le mode du caprice, sans préalable ni débat public. La situation actuelle est de celles que le président français semble avoir lui-même anticipées, voire redoutées : conquérir le pouvoir est une chose, en faire bon usage en est une autre. Au lendemain de son élection, il avait déclaré à la dramaturge Yasmina Reza : “J’ai rêvé d’être là où je suis maintenant. J’y suis. Et ça ne m’excite pas. C’est dur. Ça y est, je suis président. Je ne suis plus dans l’avant.” Nicolas Sarkozy se retrouve donc dans le “maintenant”. C’est peut-être là tout le problème, et un problème pour lequel il ne trouve pas de réponse satisfaisante.
* En français dans le texte.
Sources Courrier International
Posté par Adriana Evangelizt
Fillon devance Sarkozy de 19 points en popularité,
un écart record
Dix-neuf points: c'est l'écart record - hors période de cohabitation - qui sépare, dans un sondage IFOP-JDD, la popularité de Nicolas Sarkozy , en forte chute depuis plusieurs semaines, et de son premier ministre François Fillon, qui semble inversement prospérer.
Dans la dernière livraison de ce baromètre, à paraître dans le Journal du Dimanche, le chef de l'Etat enregistre en février par rapport à janvier une baisse de neuf points de bonnes opinions, à 38%.
Parallèlement, le taux des insatisfaits bondit à 62% (+ 10 points en un mois, doublement par rapport à mai 2007).
Plus étonnant: François Fillon n'est nullement entraîné dans le tourbillon. Il engrange 7 points de mieux que le mois dernier et retrouve, à 57%, un taux pas très éloigné de ses débuts à Matignon (62%).
Inédite, cette différence entre un président et son Premier ministre? Pas tout à fait. En avril 1993, juste après des législatives historiquement désastreuses pour la gauche, un président François Mitterrand à bout de forces avait vu son premier ministre RPR Edouard Balladur le devancer de 22 points.
En revanche, souligne Frédéric Dabi, directeur du département Opinion publique de l'IFOP, c'est la première fois qu'un tel écart est enregistré en faveur du chef d'un gouvernement hors cohabitation.
L'expert peut se targuer d'une vision de long terme: pionnier des instituts français, l'IFOP, créé en 1938 (avec un premier sondage sur les accords de Munich...) fête ses 70 ans.
Créé en 1958, ce baromètre mensuel est aussi le plus ancien de France, souligne-t-il.
Dans cette longue histoire, des écarts significatifs ont souvent été enregistrés entre un président et son Premier ministre. Mais presque toujours en faveur du chef de l'Etat.
Ainsi, le général de Gaulle n'a jamais été devancé par un de ses chefs de gouvernement. Pas plus que Valéry Giscard d'Estaing.
En revanche Georges Pompidou a été brièvement détrôné par le porteur du projet de "nouvelle société" Jacques Chaban-Delmas. Quant à François Mitterrand et Jacques Chirac, ils ont souvent vu leurs Premiers ministres être plus populaires qu'eux.
Ce fut le cas de Laurent Fabius pendant toute l'année 1985, se souvient Frédéric Dabi. De même, avant l'épisode la canicule de 2003, Jean-Pierre Raffarin l'emportait sur M. Chirac, comme Dominique de Villepin jusqu'à la tourmente du CPE.
Mais ces avances, relève l'expert de l'IFOP, étaient de "5, 10, voire 12 points".
La situation actuelle est donc sans précédent à ses yeux. Même chez les sympathisants UMP, Fillon est passé devant.
M. Dabi ne voit cependant pas dans ces chiffres une approbation massive de la politique gouvernementale, mais "une inversion du mode de gouvernance de la Vème république: Nicolas Sarkozy, très exposé, reçoit les coups. Son Premier ministre, plus en retrait, est protégé par lui".
Par ailleurs, selon M. Dabi, François Fillon incarne, aux yeux de la droite traditionnelle "un modèle politique plus rassurant, moins en rupture".
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt
De la poudre aux yeux et du vent. Voilà Sarkozy. Il n'a pas l'étoffe d'un président. Il est trop impulsif. Trop imprévisible. Trop axé sur le luxe et sur les plaisirs de la vie. C'est un jouissif. Alors il jouit et tant pis si les Français crèvent la dalle. Ce n'est pas son problème. Tout tourne autour de lui.
Au coeur de la France, des villageois las
de la "poudre aux yeux" de Sarkozy
Lassés des annonces "poudre aux yeux" du président français Nicolas Sarkozy ou du "feuilleton Dallas" de sa vie privée, les habitants de Donzy, au coeur de la France, s'inquiètent avant tout de voir les prix augmenter et certains services publics disparaître.
Pour les habitants de ce village à 200 km au sud de Paris, si la popularité du président dégringole, c'est parce que les gens "ne voient rien venir" sur leurs feuilles de paye ou leurs pensions.
Donzy (Nièvre) et ses 1.700 habitants, une bourgade au milieu des champs et des forêts de Bourgogne, a acquis la réputation d'être un miroir de l'électorat et de donner en quelque sorte le pouls des humeurs des Français.
"Moi, je m'en fous que Sarkozy divorce de Cécilia et se remarie trois mois après avec Carla Bruni, du moment qu'il tient ses promesses. C'est ma vie de tous les jours qui m'importe, pas la sienne", résume Jean-Marie Marais.
Ce policier à la retraite qui discute devant le bar Le Donzy avec deux amis ironise sur "le feuilleton Dallas qui n'en finit pas".
Lui s'inquiète surtout pour sa pension: elle n'a augmenté de que 1,1%, alors que l'inflation a bondi de 2,8%. Les Français s'émeuvent de la flambée des prix du pain, des fruits, des produits de première nécessité.
Nicolas Sarkozy, qui avait promis d'être le "président du pouvoir d'achat", a douché leurs espoirs en lâchant début janvier que les caisses étaient "vides". Avant de tenter de rectifier le tir en annonçant des mesures notamment en faveur des retraités.
Nicolas Sarkozy "n'a pas à se plaindre du pouvoir d'achat, il s'est bien augmenté, lui!", ironise à ses côtés Richard Spader, un employé dans le bâtiment, faisant allusion à la hausse de 172% du salaire du chef de l'Etat.
"S'il a étalé sa vie privée pour faire diversion, ce n'est pas réussi, ça n'a fait que mettre de l'huile sur le feu", estime quant à lui Richard Damay, un sexagénaire qui a voté pour Nicolas Sarkozy.
Pour ce patron d'une petite entreprise de distribution de café, "le marché est difficile, tout est en stand-by". "La relance économique n'est pas encore là", regrette-t-il.
Au café de la Place, Christiane Cotto, 60 ans, derrière le comptoir, juge sévèrement l'action du président. "Qu'est-ce qu'il a fait de concret? Qu'est-ce que ça nous fait dans l'assiette? Rien. Ce n'est pas pour rien qu'il baisse dans les sondages", assène-t-elle, en dénonçant des annonces "poudre aux yeux pour cacher la misère qui s'installe".
Elle s'inquiète de la fermeture prochaine de la maternité de Clamecy, un village à une quarantaine de kilomètres de Donzy. "On ferme les maternités, les tribunaux, qu'est-ce qui reste dans les campagnes? On a de moins en moins de services. Tout le monde se désintéresse du milieu rural", déplore-t-elle.
Et "ce n'est pas les maires qui ont le pouvoir de faire bouger les choses", estime-t-elle, à deux semaines des élections municipales.
Sylvain Lecoeuvre, un père de famille au chômage, s'alarme quant à lui de ne pas pouvoir financer l'année prochaine les études de son fils de 17 ans et espère des aides au logement étudiant.
Certains relativisent toutefois la chute de popularité du président, qui ne recueille plus que 38% d'opinions positives selon le dernier sondage.
"Si Sarkozy baisse dans les sondages, c'est peut-être parce qu'il s'engage", juge un forestier de 54 ans, qui ne souhaite pas donner son nom.
"En quelques mois, il ne peut pas faire de miracles. Les gens, on les juge sur la distance", affirme-t-il.
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt
Comme nous l'avons déjà dit ICI, quand on le regarde sur cette video qui a "disparu", déjà, on voit qu'il porte un masque, son sourire est forcé. On sent clairement que ça l'emmerde d'être là. Et en plus il se dépèche comme d'habitude. Il ne met aucun coeur à servir la France.
Algarade entre M. Sarkozy
et un visiteur du salon de l'Agriculture
La visite de Nicolas Sarkozy au Salon de l'agriculture samedi matin a été marquée par un échange d'invectives entre un visiteur et le président, séquence filmée qui a été diffusée dans la soirée sur le site Le Parisien.fr.
A 12h00 dimanche, cette séquence de 45 secondes avait été visionnée près de 330.000 fois, selon le compteur du site du quotidien.
La même vidéo, de piètre qualité visuelle et sonore, a également été postée durant la nuit en plusieurs exemplaires sur YouTube et Dailymotion, deux sites spécialisés où les internautes peuvent déposer les vidéos qu'ils souhaitent partager.
Cette vidéo montre le chef de l'Etat, très entouré, souriant prenant un bain de foule et serrant des mains quand un visiteur d'un certain âge et portant des lunettes lui lance: "Ah non, touche-moi pas."
"Casse-toi, alors", réponds M. Sarkozy.
"Tu me salis", enchaîne le badaud.
"Casse-toi alors, pauvre con", réplique le président.
Interrogé samedi soir sur l'incident, l'Elysée s'est refusé à tout commentaire.
Le 6 novembre, une autre algarade avait aussi suscité de nombreuses réactions chez les internautes: elle avait opposé le président à un marin-pêcheur du Guilvinec, "Juju", Julien Guillamet, 21 ans qui, perché sur une terrasse de la criée de ce port breton, l'avait invectivé.
M. Sarkozy lui avait demandé de descendre s'expliquer. "Si je descends, je te mets un coup de boule", avait répliqué le jeune homme, sautant une barrière avant d'être arrêté par les services de sécurité.
"Juju" avait ensuite été invité à faire partie d'une délégation de pêcheurs reçue en janvier à l'Elysée.
En juin 2007, les images de Nicolas Sarkozy - qu'un commentateur belge avait décrit comme ivre - lors d'une conférence de presse au G8 avaient été visionnées plus de neuf millions de fois sur internet, une semaine après leur mise en ligne.
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt




