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Vous affirmez que la gestion de la question musulmane par le ministère de l’Intérieur est marquée par le « syndrome algérien ».
C’est un mode de gestion très ancien, ainsi qu’on l’évoque dans les premiers chapitres de l’ouvrage, où la plupart des « conseillers de l’ombre » de la Place Beauvau (siège du ministère de l’Intérieur) s’expriment. C’est assez rare pour le souligner. Les structures, les hommes, par exemple, Raoul Weexteen, conseiller au temps de Pierre Joxe, l’un des ministres de l’Intérieur qui a le mieux compris la situation, sont marqués dans leur histoire personnelle par l’Algérie.
La façon dont à partir de la Troisième République, le personnel politique et administratif a administré « les musulmans » a été décisive pour la suite. Les musulmans n’étaient pas des citoyens à part entière et si aujourd’hui en terme de droit cela a changé, dans les faits, c’est moins le cas. Les élites politiques considèrent que lorsqu’on est musulman, on n’est pas vraiment Français parce qu’au temps de l’Algérie française, il en était ainsi.
Aujourd’hui, la République fait face à une situation tout à fait nouvelle : il existe des citoyens français avec tous les droits et devoirs inhérents qui sont aussi musulmans. Ni le ministère de l’Intérieur ni les politiques ne se sont adaptés à cette nouvelle donne. Jusqu’à récemment, les musulmans étaient soit indigènes, en Algérie française, par exemple, relevant d’un statut dérogatoire au droit commun, le statut personnel ou ils étaient majoritairement de nationalité étrangère en France métropolitaine.
Les questions qui se posent aux institutions sont tout à fait nouvelles, il faut regretter que les intellectuels, principalement médiatiques, n’aident pas à la compréhension en amalgamant des situations extra-européennes aux comportements des musulmans français.
L’exemple du « succès » médiatique des « idées » de Chahdortt Djavann, auteure entre autres de Bas les voiles (Gallimard, 2003), en est un exemple tout à fait remarquable et regrettable. Dans ce cas précis, on a jugé de la situation des musulmanes françaises à travers le prisme iranien, reconstruit à partir d’une expérience intime et personnelle. Le discours émotionnel, alimenté par les préjugés orientalistes d’un autre temps, prévaut sur l’analyse rationnelle.
Ce « syndrome algérien » appartient-il seulement au passé ?
Non, bien sûr, il est encore très présent. Par « syndrome algérien », nous entendons aussi les rapports très particuliers entre l’Etat français et l’Etat algérien, ce que certains auteurs ont appelé avant nous la « FrancAlgérie » (Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, Françalgérie. Crimes et mensonges d’États , La Découverte, 2004). Aujourd’hui, il est incontestable qu’il existe une main mise des autorités algériennes sur des secteurs entiers de l’islam de France, situation de quasi-monopole qui est largement encouragée par les pouvoirs publics français.
Dans notre ouvrage, nous donnons de nombreux exemples de cette incursion de la « FrancAlgérie » dans la gestion hexagonale de l’islam : outre la présidence du CFCM concédée au Recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, au mépris des résultats électoraux et du « choix démocratique » des musulmans de France, l’Etat-FLN est aussi présent dans de nombreuses régions, comme à Marseille, par exemple, où les musulmans indépendants sont marginalisés au profit des leaders musulmans inféodés aux Etats d’origine, tout ceci avec la bénédiction des pouvoirs locaux, et notamment du sénateur-maire de Marseille, vice-président de l’UMP, Jean-Claude Gaudin.
C’est quand même drôle de constater que ce sont généralement les « nostalgiques » de l’Algérie française et de la colonisation qui sont aujourd’hui les plus farouches défenseurs de l’immixtion de l’Etat algérien dans les affaires internes des musulmans de nationalité française.
C’est le monde à l’envers. Il faut reconnaître que certains « conseillers de l’ombre » au ministère de l’Intérieur déplorent cette situation et veulent rétablir un équilibre en rompant définitivement avec le « syndrome algérien » mais ils sont souvent contrés dans leur initiative par leur hiérarchie qui, elle, privilégie toujours l’axe Paris-Alger au détriment de l’indépendance du culte musulman. En 2007, le dossier « islam de France » relève encore de la raison d’Etat et d’une gestion à la fois diplomatique et sécuritaire.
Depuis les années 1980-1990, y a-t-il un ministre de l’Intérieur qui a réellement échappé au syndrome algérien ?
C’est difficile à évaluer, parce que Pierre Joxe qui à notre avis a bien compris la façon dont, en terme de gestion politique, il faut organiser le culte musulman a eu parmi ses conseillers celui qui a été le plus marqué par l’Algérie. Pour un ministre de l’Intérieur, surtout au début des années 1990, la question de l’organisation de l’islam est marginale, ce sont les conseillers qui géraient cette question au quotidien. Si bien que Raoul Weexteen a peut-être eu malheureusement plus d’influence que son ministre, plus ouvert sur les questions religieuses.
En même temps, cette époque est aussi la première où on va remettre en cause le monopole de représentation de la Grande Mosquée de Paris. Pierre Joxe est au final celui qui aura tracé le chemin pour tous les autres, bien avant Nicolas Sarkozy, qui se présente pourtant comme le « bâtisseur » de la représentation du culte musulman.
C’est une paternité abusive. Autant le CORIF (1989-1993) que le CFCM (2003-2007) sont des créations socialistes, même si elles ne sont jamais assumées comme telles. Le Parti socialiste a un problème à assumer sa paternité en matière de culte musulman : il fait des « enfants » mais il ne les reconnaît jamais.
A ce propos, le dernier rapport d’Eric Besson, Les inquiétantes ruptures de Nicolas Sarkozy (2007), est délirant : il accuse N. Sarkozy d’avoir créé le CFCM, alors que l’essentiel du processus était déjà en place sous Jean-Pierre Chevènement et sous Daniel Vaillant. Le président de l’UMP n’a fait que récupérer la mise, en s’attribuant la paternité du CFCM. Mais N. Sarkozy est en quelque sorte un père illégitime qui a, certes, finalisé l’accord du CFCM (Nainville-les-Roches, décembre 2002), mais ne l’a pas créé en soi.
Dans notre ouvrage, nous analysons, preuves à l’appui, le hold-up opéré par Nicolas Sarkozy sur le CFCM qui a abouti à la déliquescence actuelle. De ce point de vue, l’on peut dire que le président de l’UMP a sacrifié sa créature, après avoir l’avoir revendiqué comme « tremplin » pour son pouvoir personnel. Il veut faire oublier son implication sur le « dossier islam », comme si c’était une tâche honteuse sur son CV de candidat à la présidence de la République.
Quelle est la définition du « bon musulman » pour l’Etat français à la recherche d’interlocuteurs ?
Le « bon musulman » du point de vue républicain, c’est celui qui l’est le moins possible et qui est le moins visible possible. Il doit toujours être d’accord avec ses tuteurs et ne jamais montré son indépendance d’esprit. Et avant de prendre la parole, il doit dire qu’il est gentil avec tout le monde, notamment avec les amis de Roger Cukiermann, les femmes ou les moutons.
En définitive, le « bon musulman » pour les politiques français, c’est celui qui mange du couscous (pas trop épicé quand même !), qui fait pratiquer la danse du ventre à ses filles et à ses femmes et qui ouvre des hammams et des salons de thé pour les bourgeoises françaises avides d’exotisme oriental.
On n’est vraiment jamais sorti des paroles de la fameuse chanson coloniale « Fatima, la mouquère, la la la... ». On aime les musulmans serviles qui disent systématiquement « oui » et qui baissent la tête à chaque fois qu’on leur pose une question.
Un haut fonctionnaire vous a affirmé que le syndrome colonial dans la gestion de l’islam de France s’explique également par l’immaturité des représentants musulmans. Le profil des membres du CFCM ne confirme-t-il pas ce constat ?
Oui, c’est en partie vrai. Ce haut fonctionnaire a témoigné que certains leaders musulmans se complaisaient dans des postures de « colonisés », façon d’obtenir des avantages et des gratifications auprès de leurs tuteurs. Le grand penseur réformiste algérien, Malek Bennabi (1905-1973), a analysé magnifiquement cette attitude qu’il a traduit à travers le concept de colonisabilité.
Aujourd’hui, si les musulmans de France sont dans un état de relative « impuissance », c’est parce qu’une grande partie de leurs leaders et « représentants » confortent cette situation d’impuissance chronique : ils entretiennent un complexe d’infériorité en demandant à leurs coreligionnaires de baisser la tête et de se tenir « tranquilles » chaque fois que ça va mal.
A l’heure actuelle, un candidat à la présidence de la République insulte quotidiennement l’honneur des Français de culture et de religion musulmane dans ses meetings de l’UMP, et aucune association musulmane ne réagit, certaines par opportunisme, d’autres par peur des représailles. C’est consternant. On a parfois l’impression que l’islam organisé a fait un « grand bon en arrière » ces dix dernières années en France .
Les musulmans français y gagneraient beaucoup à redécouvrir des auteurs réformistes comme Malek Bennabi et à puiser des pistes de réflexion pour leur futur. Sur ce point, un auteur comme Sadek Sellam (dont on ne peut que recommander la lecture de son dernier livre, La France et ses musulmans, Fayard, 2006) a parfaitement raison : les musulmans francophones doivent renouer avec l’esprit du réformisme qui faisait le lien au sens fort du terme entre les « intellectuels » et les « croyants ordinaires ».
Les tentations à se replier sur les aspects ritualistes et « bigots » de l’islam est, à moyen terme, suicidaire pour la « communauté musulmane » de France. Certains pays comme l’Arabie Saoudite encouragent largement ce type d’attitudes frileuses : « Sois musulman et surtout tais toi ! », au contraire des réformistes maghrébins du siècle dernier qui prônaient une attitude de participation critique des musulmans à l’espace public et aux affaires de la cité.
Heureusement, dans certains villes de France, comme à Marseille, Vénissieux, Roubaix…, une nouvelle génération de « musulmans indépendants » est en train d’éclore et de bousculer le statu quo hérité de la gestion coloniale. Le dynamisme de l’édition musulmane francophone en est la preuve.
Vous évoquez dans votre livre une stratégie du FN pour séduire les musulmans. Y aurait-il un vote musulman FN ?
Il s’agit surtout d’une posture. Certes des musulmans à titre individuel peuvent être tentés de voter FN pour des raisons de conservatisme moral et social ou en raison des prises de position de Le Pen en politique étrangère mais cela reste tout à fait marginal. En revanche, il existe une volonté réelle de la part de certains dirigeants du FN lié à Marine Le Pen et par l’intermédiaire d’Alain Soral d’entrer en contact avec cet électorat.
Il n’existe pas de vote musulman même si toutes les études que l’on cite dans notre ouvrage montrent que majoritairement ceux qui se réclament de l’islam votent surtout à gauche et surtout pour le PS. Ce qui là aussi en dit long sur la posture de nombreux musulmans prompts à dénoncer ce parti comme avant tout pro-israélien mais qui in fine vote tout de même pour lui.
En même temps, cette position est plutôt rassurante, dans la mesure où le danger qui guette notre pays aujourd’hui, c’est quand même le « national-sarkozysme » qui reprend des vieux thèmes de l’extrême droite, en opposant systématiquement « immigration » et « identité française ». C’est inquiétant pour l’avenir des citoyens français de culture musulmane et pour tous les Français d’ailleurs.
Selon vous, le CRIF [Conseil représentatif des institutions juives de France] est régulièrement consulté par les politiques au sujet de la « politique musulmane » de la France.
Nous l’affirmons et le démontrons.C’est un des éléments les plus probants sur la gestion coloniale de l’islam de France par les pouvoirs publics. Au nom de quoi, le CRIF est consulté : il indique aux pouvoirs publics les bons interlocuteurs.
C’est une longue dérive de communautarisation de la République organisée par la République elle-même, c’est aussi au CRIF que le ministère de l’Intérieur délègue le recensement des actes antisémites en France, avec toutes la manipulation que tout cela peut laisser supposer.
D’ailleurs, la plus mauvaise chose qui puisse arriver aux musulmans, c’est la création d’un CRIF musulman (un CRIM !). Imaginez une organisation musulmane nationale qui se complairait dans un « communautarisme politique » et qui appellerait, lors de son dîner annuel, à la défense des intérêts de l’Arabie Saoudite, du Koweït ou de tout autre régime du monde arabo-musulman.
Quelque part, l’échec à créer un CRIF musulman n’est pas une si mauvaise chose, dans la mesure où elle préserve les citoyens français de religion musulmane d’une bureaucratisation de la pensée et de l’identité musulmanes.
Vous démontrez dans votre ouvrage l’existence sur le plan local et régional d’une véritable politique musulmane « communautariste » des politiques français. Comment expliquez-vous cette politique ?
Comme l’affirmait l’un de nos interlocuteurs musulman de l’UMP en Seine-Saint-Denis, la Cinquième République, et même avant, a toujours fonctionné en tenant compte des différentes clientèles électorales : autrefois, elles pouvaient êtres sociales ou économiques maintenant elles sont aussi ethniques et religieuses.
Selon la force des communautés, les partis politiques s’adaptent à un électorat potentiel. L’économie de marché génère aussi la démocratie de marché. La société est segmentée à charge pour les politiques de répondre à chaque segment de l’électorat.
La nouveauté c’est qu’aujourd’hui, les politiques doivent prendre en compte la réalité d’un électorat musulman qui vote comme cela existe dans plusieurs villes ou départements. Nous prenons dans notre ouvrage les exemples de Montpellier, Marseille et de la Seine-saint-Denis, caricatural avec un personnage central Eric Raoult maire et député, « pro-israélien » dans sa ville bourgeoise du Raincy et n’hésitant pas à stigmatiser les musulmans, alors qu’il devient subitement « pro-musulman » dans sa circonscription qui compte Montfermeil et Clichy-sous-Bois, villes populaires.
Il y a d’ailleurs trouvé un relais assez efficace, l’Union des associations musulmanes (UAM), dont de nombreux membres dirigeants sont sarkozystes ! Nous établissons le même constat dans d’autres municipalités françaises : Georges Frêche (PS) à Montpellier, Jean-Claude Gaudin (UMP) à Marseille, André Gérin (PCF) à Vénissieux, Jean-Paul Alduy (UMP) à Perpignan : ils pratiquent tous la « double stratégie » de stigmatisation et de séduction à l’égard des « électeurs musulmans ».
La conclusion de votre ouvrage, Marianne et Allah, s’intitule « Décoloniser l’islam de France ». Quelle est votre « recette » pour entreprendre cette décolonisation ?
Il n’y a pas de recette miracle tant les pesanteurs sociales et idéologiques sont nombreuses. Mais il faut laisser les musulmans choisir leurs représentants, sans présélection de la part des pouvoirs publics. Les musulmans qui sont nés et/ou grandi en France doivent s’installer dans toutes les directions nationales et régionales. Il n’y a qu’eux qui peuvent arriver à parler d’égal à égal avec la République.
Ils sont « structurés » mentalement sur le logiciel français et sauront montrés leur indépendance d’esprit par rapport à tous les tuteurs qui gèrent l’islam comme au temps des colonies, que ce soit l’indépendance par rapport aux Etats, dont leurs parents sont originaires, ou bien par rapport aux élites politiques et intellectuelles à qui ils sont capables de répondre du tac au tac et encore une fois de répondre à égalité de citoyenneté.
Ils n’auront pas à s’excuser d’être musulmans, comme c’est aujourd’hui trop souvent le cas lorsqu’un musulman, y compris un intellectuel, s’exprime. S’excuser d’être « musulman » devant un ministre, un député, un maire ou même un simple conseiller municipal, est une marque d’impuissance qui doit disparaître à tout jamais. Il est donc nécessaire de sortir une fois pour toute du complexe du musulman honteux. Espérons que notre ouvrage aidera à cette démarche.
Propos recueillis par la rédaction
Vincent Geisser, Aziz Zemouri, Marianne et Allah. Les politiques français face à la question musulmane, éditions La Découverte.
Vincent Geisser, politologue au CNRS, à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman, est président du Centre d’information et d’étude sur les migrations internationales ( CIEMI).
Aziz Zemouri, grand reporter au Figaro-Magazine depuis 1999, possède une longue expérience d’enquêtes en France sur des sujets divers (banlieues, islam, nationalisme corse...), mais aussi dans le monde arabe et musulman (Algérie, Maroc, Irak, pays du Golfe...).
Sources Oumma com
Posté par Adriana Evangelizt
par Guy-Virgile Martin
Le Conseil représentatif des Institutions juives de France (CRIJF*) usurpe l'épithète dont il s'est gratifiée: il ne représente qu'une minorité de sionistes, bellicistes et théocrates et il n'a aucune légitimité à se constituer en porte-parole des Français d'ascendance juive, dévots ou incroyants, pratiquants ou pas. En réalité le CRIJF est le lobby d'Israël en France. Il n'a pas sa place comme institution de la République, une et indivisible qui rassemble sous la devise Liberté, Égalité, Fraternité, les citoyens qui, dans la diversité de leurs convictions religieuses, athées, philosophiques, sociales et culturelles, ont la volonté de vivre ensemble et refusent que la France soit un manteau d'Arlequin de communautés. Des organismes comme le CRIJF vont à l'encontre de cette conception de la nation qui fut forgée dans notre grande Révolution française, la première au monde à faire des Juifs des citoyens. Le CRIJF a certes le droit de se constituer en association et de s'exprimer. Mais il est inadmissible qu'il s'érige en moyen de pression sur la politique de notre pays, en censeur qui l'interpelle avec arrogance et qui somme ses dirigeants de venir s'expliquer devant son aréopage. Au nom de quels principes les plus hauts responsables de l'Etat et des partis se précipitent-ils comme des poulets à l'appel de la fermière (au moins leur distribue-t-elle des graines) pour afficher leur collusion et courtiser les va-t-en guerre sionistes, paranos de l'antisémitisme (leur fonds de commerce) qu'ils évoquent si souvent hors de propos, et que les médias relayent sans précaution comme cela est maintes fois advenu. Le CRIJF, pour condamner l'Iran, a convoqué à la Mutualité, mardi 14 Février, tout le gratin politique qui a répondu présent à l'appel. Ce geste est déjà en soi un acte d'allégeance. Nicole Borvo, au nom du PCF, y prononça un discours confus et embarrassé parsemé de prudentes litotes : « Il faut craindre une escalade (des USA), loin de résoudre les problèmes cette escalade pourrait au contraire les aggraver ».
On ne saurait aborder profil plus bas. Le tout enrobé dans une diatribe visant à diaboliser l'Iran dans le plus pur style de Bush. Mais combien indulgente fut-elle pour l'occupant israélien qui depuis 40 ans s'accapare un territoire où il fait la loi. En comparaison l'occupation allemande de la France n'a duré que quatre à cinq ans et on voit quels souvenirs terribles elle a laissés. Cette comparaison sera sans doute taxée d'antisémitisme. Or une occupation militaire est un acte arbitraire et d'oppression qui dénie au peuple sous la botte un droit inaliénable, fondement de sa souveraineté, une nation. Les représailles sont des crimes et la Résistance est une riposte légitime. Cela n'a pas été dit de crainte de scandaliser. Que les petits fils des victimes de la Shoa se livrent à des exactions, bombardent, expulsent, détruisent, spolient, affament, cela ne saurait les absoudre. Israël est bien plus criminel et depuis bien plus longtemps que l'Iran. Ses chefs d'Etat, ses généraux, depuis Golda Meir et les terroristes d'Itzhak Shamir ont du sang sur les mains. Le CRIJF n'est nullement enclin à en convenir et encore moins à le déplorer.
Néanmoins, Nicole Borvo a multiplié ses entreprises de séduction du lobby sioniste. Son désaveu sans nuances de Téhéran (qui était l'objet même du meeting du CRIJF) allait à l'encontre de ses timides suggestions fort peu impératives. Mais tout est dans le ton lénifiant de son laïus dont les suggestions susceptibles d'être désapprouvées glisseront sur le plumage du CRIJF comme l'eau de la mare sur les plumes du canard. Passer sous les fourches caudines du groupe de pression israélien en France pour tenir des propos aussi conciliants et faire des ronds de jambes alors que s'imposait un acte d'accusation de l'impérialisme fauteur de guerre dont Israël est un rouage régional majeur, cela valait la peine de se poser la question : « J'y va t'y, j'y va t'y pas ». Il ne fallait pas y aller, le CRIJF n'est pas qualifié pour distribuer à la République des bons et des mauvais
points et imposer son point de vue étranger à la France ni la sommer de jeter un anathème menaçant sur l'Iran. La Perse, l'une des plus anciennes civilisations de l'humanité, Nicole Borvo la voit à travers les verres déformants de l'impérialisme qu'on ne peut condamner en s'abstenant de le nommer et en reprenant ses analyses. Certes l'islamisme dominant en Iran y est porteur de pratiques que nous réprouvons. Certes Ahmadinjade tient des propos provocateurs qui d'ailleurs ne sont pas unanimement approuvés par ses propres compagnons islamistes, certes l'expression de la pensée n'est
pas libre, mais les élections le sont, les femmes y participent en nombre, elles ont le droit de vote, elles ne sont pas écartées des postes importants de l'administration de l'Etat. Elles sont majoritaires dans les universités. L'Iran, ce n'est pas l'Egypte ni l'Arabie Saoudite. Le peuple tout entier souhaite que sa nation ait la maîtrise de l'énergie nucléaire civile et absolument rien n'indique que son utilisation militaire soit envisagée par le gouvernement. D'une part tous les dirigeants le nient, le traité de non prolifération qu'il a signé et duquel il ne se dédit pas exclut la bombe thermonucléaire et l'accusation est pour l'heure un procès d'intention, comme la prétendue rage dont on accuse le chien à abattre et sur laquelle unissent leurs abois les Etats-Unis, Israël et son officine française, le CRIJF.
Chirac a montré, en dépit de sa reculade, plus de pertinence dans l'approche de ce problème, de même que l'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères, Dumas. Mais Nicole Borvo n'était pas venu dire des vérités, elle venait caresser le CRIJF dans le sens du poil (ça fera, s'illusionne-t-elle, peut-être quelques électeurs pour M.G. Buffet encore qu'on en doive douter car l'homme du CRIJF, c'est Sarkosy, cet inconditionnel de l'Etat hébreux). Le faux-jeton d'Enrico Macias ne s'y est pas trompé qui pour cette raison essentielle le soutien.
Il est désormais une évidence, le lobby juif a son candidat, Sarkozy, celui-ci tient solidement cette part de son électorat. Les autres postulants au trône essaient de grappiller ce qu'ils peuvent. Pitoyable. Mais le PCF se devait-il, par sa présence à cette mise en scène, par ses anathèmes contre Téhéran et par son refus de condamner clairement l'impérialisme, d'apporter sa caution à l'opération du CRIJF ?
(*) Il devrait plus honnêtement se nommer « Comité Représentant d'Israël en France ».
Sources Combat
Posté par Adriana Evangelizt
pour évoquer les problèmes de justice et de société.
Bruno Thouzellier, le président de l’USM, accompagné de son secrétaire général, Laurent Bedonet, ont été reçus par Roger Cukierman, le président du CRIF, entouré de Ariel Goldmann et de Marc Lévy, membres de l’Exécutif, et de Haïm Musicant, le directeur général du CRIF.
Sources Marc Fievet
Posté par Adriana Evangelizt
par Ayman El Kayman

Nicole Borvo Cohen-Séat à la Mutualité le 13 février 2007
Au nom du même Dieu commun, Voilà un pays qui, au mépris de la mémoire meurtrie du peuple juif et de la vérité historique, organise un symposium négationniste mondial à Téhéran! J’ai rencontré des déportés qui pleuraient à la nouvelle de cette conférence.
- Pierre Lelouche, Député et Conseiller de Paris qui représentait Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP à l’élection présidentielle
- Nicole Borvo Cohen-Séat, Sénatrice et Conseillère de Paris, qui représentait Marie-Georges Buffet, candidate du PCF à l’élection présidentielle
- Corinne Lepage, Présidente de Cap 21 et candidate à l’élection présidentielle
- Jean-Louis Bianco, Député des Alpes de Haute Provence et Codirecteur de campagne de Ségolène Royal, candidate du PS à l’élection présidentielle, qu'il représentait.
"Ahurissant"
L'Iran est présenté dans cet appel comme « un danger mortel pour la paix dans le monde » dans la mesure où : Il défierait « le concert des Nations Unies par un programme nucléaire militaire » Il a organisé « une conférence négationniste internationale » Il multiplie « les appels à rayer Israël de la carte » Il est indiqué dans cette publicité « qu'ont donné leur accord de principe pour prendre la parole à ce meeting », entres autres : François BAYROU, Bertrand DELANOE, Ségolène ROYAL, Nicolas SARKOZY, ... et Nicole BORVO. Que l'on retrouve dans une telle aventure celui qui, dans son discours de Toulon il y a quelques jours, s'est placé à l'ombre de Le PEN après s'être placé sous celle de BUSH à l'automne dernier, ne surprendra personne. On connaît la ligne atlantiste de l'UDF. Que le maire de Paris, comme la candidate socialiste, soient présents ne surprendra pas beaucoup plus : les déclarations de Mme ROYAL sur l'Iran, qui vont bien au delà des résolutions de l'ONU, sont connues, de même que la mansuétude dont elle fait preuve, comme DELANOE, à l'égard du mur de l'apartheid en Palestine, pourtant condamné par plusieurs résolutions internationales.
Mais que la sénatrice de Paris, dirigeante nationale du PCF, participe à une entreprise dont les responsables n'ont que mépris pour le droit international et les résolutions de l'ONU, et notamment le droit du peuple palestinien à un Etat, est proprement ahurissant. Antisémitisme et révisionnisme sont intolérables, et doivent être combattus. Mais après la guerre menée par Israël contre le Liban et la Palestine l'été dernier, après la décision du président américain de poursuivre et renforcer la guerre contre le peuple irakien avec 21500 soldats supplémentaires, après les menaces de frappes américaines et israéliennes sur l'Iran une telle présence à la Mutualité, le 13 février, ne peut être qu'un encouragement aux agressions américaines et israéliennes au Moyen Orient. C'est d'autant plus inacceptable que le peuple américain vient de montrer massivement, il y a deux semaines, sa mobilisation contre la guerre et la politique de Bush. Non, les responsables du PCF n'ont pas à se transformer en supplétifs des USA et d'Israël. Ils ont tout au contraire à faire naître en France une mobilisation de masse, y compris par des manifestations unitaires, pour la paix et la reconnaissance des droits du peuple palestinien, comme pour le droit à la liberté et à l'indépendance nationale des peuples du Moyen-Orient. »
Je n’ai noté aucune réaction dans les rangs du PS, de l’UMP et de l’UDF. Qui ne dit mot consent. Les principaux partis politiques français se sont donc rangés sans broncher sous le drapeau des va-t-en guerre de Tel Aviv et Washington. Pauvre France !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
par Meursault
Article du 21 septembre 2003
La France a le triste privilège de collectionner les philosophes médiocres recyclés dans la pseudo pensée politique, tels Alain Finkielkraut et Bernard-Henry Lévy. Philosophes sans grand talent ni reconnaissance, ils tentent leur chance dans l’art difficile du commentaire politique, se targuant de nous donner des leçons d’humanisme. Fortement marqués par leurs origines, obsédés par la judéophobie, on les voit dans les médias mener leurs croisades partisanes, aux buts avoués souvent explicites. André Glucksmann fait partie du lot, et constitue à lui seul une aberration qui mérite qu’on s’y attarde.
Glucksmann a deux dadas : La Tchétchénie et l’anti-américanisme. Il voit des anti-américains partout, tout comme Jeanne d’Arc entendait des voix. Glucksmann ne comprend rien à l’Amérique, mais il veut en être le défenseur inconditionnel et le pourfendeur de ceux qui osent critiquer Bush. Il le fait maladroitement, sans nuances, tout en coups de gueule. L’autre soir chez Franz-Olivier Gisbert, plusieurs participants ont dénoncé son manichéisme. Coupant les participants, tout à son obsession, on le vit recevoir une belle leçon de deux vrais spécialistes, Gilles Keppel et un américain spécialiste de politique internationale. L’intervention de ces deux invités montrait de façon flagrante l’inconsistance des thèses erronées de Glucksmann, qui a au moins trois trains de retard sur la question.
Glucksmann voue une admiration sans bornes pour la politique américaine. « Ils ont libéré le peuple irakien de la dictature sanglante de Saddam Hussein, et cela seul justifie le droit d’ingérence », certes, mais pourquoi l’ont-ils fait ? Après avoir été la cause de la mort d’un demi-million d’enfants irakiens pendant l’embargo qu’ils ont imposé, et ruiné le pays, ils auraient envahi l’Irak par bonté d’âme ? Alors pourquoi ne veulent-ils pas céder une once de pouvoir à l’ONU et à leurs alliés, alors qu’ils ne se sortiront pas du bourbier irakien sans aide internationale ? Cette contradiction échappe à Glucksmann, qui aime rappeler l’attentat contre ce qu’il appelle les « twin towers ». Cette citation qu’il fait avec un accent épouvantable, en mauvais anglais, semble lui filer des frissons dans le dos. Les médiocres qui ne comprennent rien à rien aiment les citations exotiques, pour ajouter du poids à leurs arguments. Raté, un discours sans substance ne gagne rien à cet artifice ! Il cite le 11 Septembre à tout propos, mais se souvient-il d’un autre 11 Septembre, en 1973 au Chili, quand les Américains ont renversé Salvator Allende, en installant le dictateur Pinochet. Glucksmann, qui semble ne voir que ce qui l’arrange, sait-il que l’Amérique a monté l’Irak contre l’Iran en armant Saddam Hussein, et le Pakistan contre l’Afghanistan, en ne voyant aucune objection à la dictature de Musharraf ? Bref, Glucksmann, c’est le roi de la mémoire sélective. Pour lui il y a les dictateurs qu’il faut renverser, même au prix de forfaiture, qu’il admet et défend bec et ongles, et ceux pour lesquels il n’objecte pas qu’on flingue la démocratie pour les installer. C’est la logique à Glucksmann, qu’il assène de façon véhémente, sans se rendre compte qu’il a perdu les pédales, dans un monde qu’il n’a jamais compris.
Ses idées sur le conflit israélo-palestinien valent le détour. Interrogé sur la question Glucksmann répond que « ça fait cinquante ans que ça dure, donc c’est complexe et que si on a des idées, on peut lui faire signe ». Ça fait chiément avancer le schmilblick ! Par contre, il est pour la construction du mur et résolument contre le droit au retour des Palestiniens, tout en se réjouissant de la chute de Saddam, qui mettra Israël à l’abri. Tiens donc ! Un avis totalement objectif d’un philosophe humaniste de chiottes, quoi ! Un égaré du commentaire politique, qui pollue de sa présence les cercles de penseurs qui jugent les évènements majeurs de la scène internationale. Mais que vient donc y faire cette longue figure émaciée, couverte d’une touffe de cheveux gris aussi raides que sa pensée, en cascade peu soignée autour d’un regard halluciné. Un épouvantail surexcité, qui attaque en vociférant le « camp de la paix » des 10 millions de gens dans 62 pays qui ont défilé sans relâche pour opposer le droit et la justice à la force.
On comprend ses positions sur la Tchétchénie, mais on ne peut excuser Glucksmann de son obsession contre le camp de la paix, et sa défense de l’usage injustifié de la force, qui a créé un chaos indescriptible en Irak. Pour un philosophe qui se veut l’apôtre de la raison, c’est totalement incohérent. Sauf, bien sûr, si on l’explique par la véritable raison qui fait rouler Glucksmann contre les États arabes du Moyen-Orient, qui serrent Israël de trop près.
Égarés dans un monde qu’il ne comprennent pas, beaucoup d’intellectuels ratés et sans envergure, comme les neo conservateurs américains ou les philosophes recyclés français, se répandent doctement, totalement déphasés, naïfs, prêts à justifier n’importe quelle erreur, pourvu qu’elle soit prétexte à leur soif de publicité personnelle et flatte leurs idées obsessionnelles, au premier rang desquelles la défense du Likoud et de son chef. Sharon le provocateur qui a rallumé un conflit en visitant la Mosquée avec toute l’arrogance de l’irresponsabilité politique de l’envahisseur sioniste.
J’aime ponctuer mes articles de citations populaires, où réside une grande sagesse. Dans la même veine citons Coluche, qui aimait dire que "Quand on n’a rien à dire on devrait être autorisé à fermer sa gueule". On ne peut qu’espérer qu’en dépit de son aveuglement obstiné André Glucksmann recoive ce message cinq sur cinq et essaie de se rendre utile ailleurs. S’il est aussi habile de ses mains que malhabile dans ses opinions sur la démocratie et la justice, qu’il se trouve un petit boulot manuel à l’écart de toute tribune. Bon débarras ! Le vrai débat démocratique y gagnerait en limpidité et l’atmosphère y serait plus respirable.
Glucksmann, tout comme Finkielkraut et Lévy, devraient s’interroger sur leur non-respect de l’éthique philosophique, dans leur croisade aveugle contre ceux qui questionnent Israël. Soi-disant lucides et impartiaux, ils s’engagent ainsi sans retenue à défendre, avec une agressivité incroyable, les thèses de ceux qui ont enflammé le Moyen-Orient. Le détournement des principes philosophiques à des fins partisanes les discrédite, leur retirant le droit d’être philosophes. Ils cautionnent les crimes contre l’humanité du Likoud, qui viennent d’être dénoncés par le Rapporteur auprès des Nations-Unies, et dont le rapport fera éclater dans les jours qui viennent, à la face du monde, les méthodes inhumaines d’Israël pour éliminer physiquement le peuple palestinien, en affamant et en privant d’eau les habitants des territoires occupés. Ces philosophes recyclés, vendus à une cause indéfendable, n’ignorent rien de ces crimes. En feignant de les ignorer et en cautionnant Sharon, ils en sont les complices. De beaux "philosophes", en vérité !
Algarath.
Illustration : F. Vignale
P.S.
Sources Oulala net
Posté par Adriana Evangelizt




