On aura tout vu, tout eu, tout subi. Que Cukierman cesse de parler au nom de tous les Juifs ! La France n'avait pas à s'aplatir pour le régime de Vichy qui a été imposé par les Allemands de toute façon. Quand un pays est occupé, qu'est-ce qu'on fait ? Que Cukierman demande aux Palestiniens ! Ce n'est pas vers le passé qu'il faut se tourner mais vers l'avenir. Ce n'est pas l'argent qui fera revenir les morts. Et quand on voit ce qui se passe dans d'autres pays, on sait très bien que rien n'a servi d'exemple et que le "Plus jamais ça !" -dont on nous rabat les oreilles- est plus que jamais d'actualité. Que ce soit en Palestine, au Liban, en Irak, en Tchétchénie, au Soudan, et bientôt en Iran grâce au parti pris du Crif bien entendu qui refuse de reconnaître que la politique israélienne est un danger pour le monde. C'est normal de coloniser toujours davantage et de prendre ce qui ne nous appartient pas. Où voit-on ça ? Nous qui sommes Juifs avons honte de l'être quand on voit ces comportements. Inadmissible.
Le président du Crif rend hommage à Chirac
au nom du "monde juif"
13 février 2007 - Roger Cukierman, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a évoqué dimanche sa "reconnaissance" envers le président Jacques Chirac pour ses positions prises vis-à-vis du "monde juif".
M. Chirac a été le seul chef d'Etat à "reconnaître la responsabilité de la France dans (le régime de) Vichy", a estimé M. Cukierman dans un entretien devant être diffusé en fin de matinée sur Radio Communauté Juive (RCJ).
"Je crois que nous lui devons une grande reconnaissance pour cela", a-t-il dit, affirmant encore que "sur le sujet de sa relation avec le monde juif, il est incontestable que Jacques Chirac laissera une trace extrêmement positive dans l'histoire de France".
Le président sortant du Crif a estimé, en revanche, que la diplomatie française sous Jacques Chirac "n'a pas toujours été équilibrée", en raison d'un "tropisme pro-arabe qui aurait affecté la relation franco-israélienne.
Sources La Croix
Posté par Adriana Evangelizt
L'Irak n'a pas suffi, le Liban non plus, maintenant le CRIF, AIPAC de France, pousse à attaquer l'Iran. La "menace iranienne" devient la menace mondiale alors que pour tout le monde les deux seules menaces sont la clique de Bush et la politique colonisatrice d'Israël. Que les Crifiens aillent donc vivre en Israël, ici on est en France et on aspire à vivre en paix. Tous les Juifs ne sont pas sionistes, nous encore moins que les autres. Que le Crif cesse un peu de nous bassiner et de parler au nom de tous les Juifs, on commence à en avoir ras le bol.
Le Crif appelle à la mobilisation
"contre la menace iranienne"
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) organise mardi à la Mutualité un meeting "contre la menace iranienne", destiné à mobiliser l'opinion publique française, auquel devraient participer plusieurs candidats à la présidentielle.
"En défiant le concert des nations par un programme nucléaire militaire, en organisant une conférence négationniste internationale à Téhéran (ndlr, en décembre dernier), en multipliant les appels à rayer Israël de la carte, l'Iran représente un danger mortel pour la paix du monde", écrit le Crif dans un communiqué.
Interrogé par l'AFP, le président du Crif Roger Cukierman insiste sur la gravité de la menace, soulignant qu'il est rare que le Crif organise un tel meeting de sensibilisation. "L'Iran représente un danger considérable pour la planète", estime-t-il. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad "est un fanatique qui veut éradiquer Israël -un pays avec lequel il n'a pas de frontières communes-, il veut étendre le chiisme à la terre entière, et s'il a la bombe, plusieurs pays arabes vont essayer de l'avoir à leur tour. C'est un processus très dangereux pour la paix du monde, la menace iranienne est effrayante", dit-il.
Il faut tout faire pour "freiner les intentions belliqueuses du président de ce pays", plus dangereuses encore que ses opinions négationnistes, ajoute-t-il.
Plusieurs personnalités politiques ont "donné leur accord de principe pour participer à ce meeting", ajoute le Crif, citant Ségolène Royal (qui a donné un accord ferme), Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Bertrand Delanoë, François Léotard, Christian Poncelet, président du Sénat, Nicole Borvo, présidente du groupe communiste au Sénat, Corinne Lepage, candidate à la présidentielle.
Le président du Crif prononcera un discours et les invités politiques auront ensuite sept minutes chacun pour s'exprimer.
Le meeting sera précédé d'un rassemblement au Mémorial du Martyr juif inconnu, rue Geoffroy l'Asnier, avec de nombreuses associations juives. Ensuite les participants se rendront à pied à la Mutualité où le meeting doit commencer vers 19H30.
La menace iranienne était un des principaux thèmes du discours prononcé par Roger Cukierman à l'occasion du dîner annuel du Crif le mois dernier, présidé par le Premier ministre Dominique de Villepin.
En novembre dernier, le Crif avait organisé ses premières assises nationales, sur le thème "Etre juif en France en 2007, les nouveaux enjeux". De nombreux ateliers avaient été proposés sur la vie en banlieue, les perspectives Israël-Palestine, la guerre au Liban et aussi l'Iran, et c'est ce dernier qui avait été suivi avec le plus d'assiduité, rappelle Roger Cukierman.
Sources La Croix
Posté par Adriana Evangelizt
Nous disons ce que nous pensons du Congrès juif mondial sur cet article. Après l'Irak -dont on cherche encore les Armes de Destruction Massive qui devaient détruire Israël-, il y a eu le Liban qui, lui, est bien détruit par qui on sait et maintenant, c'est le rabattage pour l'Iran qui est loin de posséder la bombe atomique vu qu'il faut enrichir l'uranium à 90 % pour la fabriquer et qu'ils en sont à même pas 5%. C'est dire la marge. Quant à l'antisémitisme, pour l'Organisation pro-israélienne et sioniste, toute critique de la politique israélienne est assimilée au fameux antisémitisme. Même les juifs antisionistes y ont droit. Mais en notre âme et conscience, nous savons faire la différence et l'on ne nous fera pas prendre des vessies pour des lanternes.
France: le Congrès juif mondial dénonce l'antisémitisme
et la menace iranienne
12 novembre 2006 - Le Congrès juif mondial, réuni à Paris pour la première fois depuis plus de 50 ans, a dénoncé dimanche la montée de l'antisémitisme, notamment en Europe, et a appelé à une large mobilisation pour empêcher l'Iran d'accéder à l'arme atomique.
Une centaine de représentants des principales communautés juives du monde, venus de quelque 80 pays, ont pris part à la réunion à huis clos de l'organe suprême du CJM, son Conseil exécutif, dans les salons d'un grand hôtel parisien.
"C'est un symbole fort d'être ici à Paris à un moment très difficile pour la communauté juive dans le monde", a déclaré, en ouvrant les travaux, le Français Pierre Besnainou, président du Congrès juif européen.
L'offensive israélienne de l'été dernier contre le Hezbollah au Liban a provoqué, en particulier en Europe, un regain d'antisémitisme, ont dénoncé plusieurs orateurs.
Ainsi, Dina Porat, une Israélienne qui dirige à Tel Aviv le Centre d'études de l'antisémitisme et du racisme, a assuré avoir "noté depuis le début de l'été 2006 un changement d'atmosphère. Et depuis cet été, l'antisémitisme a fait son entrée dans les milieux modérés".
Elle a montré une sélection de dessins de presse ouvertement antisémites publiés l'été dernier dans la presse arabe, mais aussi dans celle de pays comme la Norvège, le Mexique et la Grande-Bretagne.
Le Congrès juif européen a présenté un rapport sur les "incidents et le discours antisémites en Europe pendant la guerre entre Israël et le Hezbollah", établi avec la participation de correspondants dans les communautés juives de 25 pays du continent.
Son auteur, Ilan Moss, assure à l'AFP que "les discours antisémites se sont multipliés en Europe cet été. Cela définit une atmosphère, et cela peut être en définitive plus grave et important que des agressions de juifs dans la rue".
Evoquant à la tribune la volonté iranienne affichée de se doter de l'arme atomique, le président du CJM, l'Américain Edgard Bronfman, a estimé qu'il s'agissait là du "plus grave danger auquel nous avons eu à faire face depuis l'Holocauste".
"Les intentions iraniennes sont claires : il s'agit de détruire Israël et de dominer le Moyen-Orient (...). En la matière, la neutralité n'est plus une option possible pour le monde civilisé".
Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Roger Cukierman, interrogé par l'AFP, a ajouté : "nous avons l'expérience. Quand quelqu'un dit : +je veux tuer un juif+, il faut le croire. (Le président iranien) Ahdmadinejad tient exactement le même langage qu'Hitler, à la différence qu'il est susceptible d'avoir l'arme nucléaire qu'Hitler n'avait pas".
"C'est un danger pas seulement pour Israël, mais aussi pour tous les Etats arabes qui ne pratiquent pas la charia (loi islamique), comme le veulent les Iraniens, et aussi pour les Etats d'Europe qui sont à la portée des missiles iraniens", a-t-il relevé.
Sources : AFP
Posté par Adriana Evangelizt
Liaisons dangereuses
par Yakov M. Rabkin
L'auteur est professeur titulaire au département d'histoire à l'Université de Montréal yakov.rabkin@umontreal.ca
Lors d'une récente entrevue télévisée, l'animateur m'adresse la première question: «Les problèmes que vous faites aux Palestiniens, cela fait partie d'une longue liste de vos activités de faiseurs de troubles depuis des siècles. Vous autres, vous êtes connus pour cela. Qu'en diriez-vous à vos adversaires ?»
Sans se préoccuper des nuances, il associe automatiquement moi, le Juif avec une calotte sur la tête, avec les actes d'un État souverain qui est Israël. Pourtant, lorsque l'animateur s'adresse quelques minutes plus tard à mon collègue d'origine arabe assis à mes côtés, il ne l'associe ni aux Palestiniens ni au terrorisme suicidaire pratiqué à leur nom. Pourquoi ces deux poids, deux mesures?
L'explication la plus plausible est sans doute historique. Même si, depuis quelques décennies, l'Église catholique a fait des grands efforts afin d'enrayer la propagande anti-juive qui faisait partie de sa doctrine et de son discours quotidien, les vieux préjugés ne meurent que lentement. Les images télévisées de soldats israéliens en guerre à Bethléem réveillent les anciens fantasmes, et l'on ne peut plus s'empêcher de rendre tout Juif responsable de ce qui se passe en Israël.
Même si elle peut paraître innocente, l'identification automatique entre l'État d'Israël et, de l'autre côté, les Juifs et le judaïsme est dangereuse. Elle mine la confiance en égalité et en tolérance dont font preuve deux tiers des Juifs du monde lorsqu'ils préfèrent vivre en diaspora plutôt qu'aller s'installer en Israël. Cette identification automatique suggère que la souveraineté ethnique protège l'homme moderne mieux que la société libérale et pluraliste. Elle ne devient pas moins dangereuse lorsque ce sont les leaders israéliens qui articulent cette identification en clamant, pourtant sans mandat à cet effet, que l'État d'Israël agit au nom des Juifs du monde entier.
À la suite aux événements du 11 septembre, le président Bush s'est rendu à une mosquée afin de souligner une distinction qu'il faisait entre les terroristes suicidaires et le reste du monde arabe et islamique. Son gouvernement aurait même aidé certains membres de la famille ben Laden à partir discrètement des États-Unis où ils résidaient au moment de l'attaque. Porter une accusation collective contre tout un groupe ethnique ou religieux aurait enfreint sur les normes les plus élémentaires de nos sociétés libérales. Tant et aussi longtemps que ces groupes respectent la loi et s'abstiennent de la violence, les médias ne les associent pas automatiquement avec les pires excès du terrorisme palestinien. Car l'image du musulman dans l'inconscient collectif occidental est différente de celle du Juif.
Pluralisme juif et unanimisme arabe
Il est à attendre que la crise actuelle est fortement ressentie par les Juifs. Tout en exprimant des opinions assez variées quant aux racines de la violence cyclique au Moyen-Orient, la grande majorité partagent la douleur des victimes au sein de la deuxième communauté juive dans le monde qu'abrite Israël. Presque tous y ont un ami ou un parent. Beaucoup se solidarisent inconditionnellement avec l'État d'Israël, ils y apportent un soutien sans réserve, en y voyant l'expression ultime de leur identité juive, le gage de leur sécurité dans un monde dangereux. Certains qui considèrent Israël comme dernier refuge, si non pour eux, au moins pour leur progéniture, s'efforcent d'étouffer toute critique émanant du sein de la communauté juive, «une pratique staliniste», selon Jordy Cummings, étudiant à Concordia issu d'une des familles juives les plus influentes à Montréal. Parmi ceux qui partagent la douleur des victimes, certains protestent vigoureusement contre le gouvernement actuel d'Israël, en croyant que l'éthique juive les enjoint de condamner les opérations de Tsahal. Ils annoncent haut et fort: «Pas en mon nom!».
Un rassemblement de Juifs opposés aux politiques de Sharon est prévu pour Washington à la fin de ce mois. D'autres Juifs encore, parmi les plus pieux, nient toute légitimité à l'État d'Israël qu'ils considèrent usurpateur des symboles juifs et un obstacle à la rédemption messianique. Mais, selon Michael Freund, expert en communication proche du gouvernement Sharon, la critique la plus dévastatrice d'Israël viendrait de l'intérieur du pays: «Plutôt que se rallier autour du drapeau, beaucoup de membres de la gauche israélienne essayent de le faire descendre.»
Cette diversité d'opinions juives ne trouve que peu d'échos dans les pays arabes, et encore moins dans les médias arabes. Il faut chercher longtemps pour y trouver une dénonciation claire du terrorisme suicidaire palestinien qui dévaste des restos et des discothèques en Israël. Les communautés arabes et musulmanes du monde occidental démontrent plutôt un unanimisme qui contraste avec le débat vigoureux parmi les Juifs tant en Israël qu'ailleurs.
Le nouvel antisémitisme
Ce qui est plus grave, c'est que la recrudescence de l'antisémitisme est aujourd'hui devenue la monnaie courante dans certains médias arabes. Tandis que le choc de la Shoa et le progrès des libertés individuelles ont affaibli l'antisémitisme dans les pays à majorité chrétienne, l'État d'Israël a étendu la haine du Juif au monde arabe et islamique. On puise des vieux clichés meurtriers dans l'arsenal chrétien que les Églises elles-mêmes n'utilisent plus. Cette propagande virulente anti-juive, que l'opinion publique internationale tend plutôt à ignorer, s'avère incendiaire. Elle ne fait aucune distinction entre Juifs et Israéliens, entre le judaïsme et le sionisme, et elle appelle ouvertement à la violence.
C'est de cette même souche que viennent les attentats récents contre Juifs et leurs lieux de culte dans nos sociétés occidentales, y compris au Canada. Selon les spécialistes de l'Institut Stephen Roth (http://www.tau.ac.il/Anti-Semitism) des études en antisémitisme et racisme à Tel-Aviv, il ne s'agit pas d'une résurgence de l'antisémitisme occidental, mais plutôt d'un «nouvel antisémitisme» provoqué par la violence au Moyen-Orient: «Toute critique du gouvernement d'Israël n'est pas forcément de l'antisémitisme gratuit. Comme les Juifs en diaspora ont le droit d'appuyer Israël, les citoyens musulmans ont également le droit d'appuyer les Palestiniens. La clef est le niveau de la violence.»
À l'exception des Juifs israéliens, les Juifs français ont été touchés par cette violence plus que toute autre communauté juive dans le monde au cours des derniers jours. Il est donc naturel que ce soit en France que des opposants de Sharon proclament: «Nous condamnons les agressions qui visent une communauté en tant que telle et rendent les Juifs collectivement responsables des exactions commises par le gouvernement israélien. Nous condamnons toute dérive antisémite de la lutte contre sa politique.» Leur message mérite d'être entendu partout à cette heure de confusion tragique.
Sources Vigile net
Posté par Adriana Evangelizt
"La trame du texte, publié initialement pour un lectorat de France, est d'affirmer que les attaques des Palestiniens contre l'État d'Israël sont en réalité dirigées contre le judaïsme lui-même. L'auteur n'en conclut pas que toute critique de l'action d'Israël est antisémite. Toutefois, la publication de son texte au fronton d'un numéro de la Tribune juive, qui s'intitule La déraison antisémite et son langage, autorise cette conclusion. Toute critique de l'action de Tsahal dans les Territoires occupés est dorénavant vulnérable à l'accusation infamante d'antisémitisme."
Le fardeau de l'Homme juif
par Jean-Paul Brodeur
L'auteur enseigne au Centre international de criminologie comparée
de l'Université de Montréal.
Chronique - En 1899, les États-Unis étaient en guerre pour obtenir la possession de l'archipel des Philippines. C'était la grande époque du colonialisme pour tous les pays occidentaux. L'écrivain britannique Rudyard Kipling fit alors paraître un poème qui devint le symbole de l'impérialisme occidental. Son titre était Le fardeau de l'Homme blanc (The White Man's Burden). Le thème du poème était l'altière responsabilité de l'Homme blanc d'user de la force militaire pour apporter les bienfaits de la civilisation à ceux qui en étaient dépourvus et qui s'obstinaient à piétiner dans l'enfance de l'Histoire.
La Tribune Juive est une revue vibrante de «l'actualité culturelle» et constitue un apport bienvenu au débat des idées au Québec, où celles-ci sont trop faiblement débattues. Elle est dûment saluée par le gouvernement du Québec. Dans le numéro d'août 2002, qu'on trouve maintenant dans les librairies, la Tribune publie comme premier article un texte de Armand Abecassis (professeur, écrivain et philosophe) qui, sous le titre La réalité en face, décline toutes les raisons de désespérer d'une solution prochaine du conflit où s'affrontent
Israël et les Palestiniens.
La trame du texte, publié initialement pour un lectorat de France, est d'affirmer que les attaques des Palestiniens contre l'État d'Israël sont en réalité dirigées contre le judaïsme lui-même. L'auteur n'en conclut pas que toute critique de l'action d'Israël est antisémite. Toutefois, la publication de son texte au fronton d'un numéro de la Tribune juive, qui s'intitule La déraison antisémite et son langage, autorise cette conclusion. Toute critique de l'action de Tsahal dans les Territoires occupés est dorénavant vulnérable à l'accusation infamante d'antisémitisme.
Le texte de M. Abecassis illustre la mécanique de cette accusation. Son fondement repose sur l'affirmation que les Juifs ont un droit imprescriptible sur la terre de Palestine, depuis qu'ils en furent expulsés en l'an 70 de notre ère par les Romains («Cette terre est à lui [le peuple juif] : il en a été dépossédé par les Romains en 70» p. 6). Si tous les peuples qui ont été dépossédés de leur terre depuis deux mille ans -- à commencer par les autochtones des Amériques et les Africains -- revendiquaient le cadastre d'origine, il n'y a aucune frontière sur la terre qui ne devrait être tracée à nouveau. Il n'est toutefois pas question ici de disputer la légitimité du peuple juif de retourner au berceau du judaïsme. C'est la manière dont cette légitimité est revendiquée qui peut la transformer en un instrument d'humiliation pour les autres.
En effet, appuyé sur ce fondement de la possession de la Terre sainte de droit divin, M. Abecassis en vient à l'une des affirmations cardinales de son texte : «Et tel est le drame d'Israël : accorder aux Palestiniens un état non par devoir mais par don gratuit, par responsabilité à l'égard d'êtres humains qui ont besoin de recouvrer leur dignité et leur liberté bafouée par leurs leaders et sacrifiée à l'incompétence et à l'aveuglement de leurs dirigeants.» (p. 5) Si les mots gardent leur sens, ce texte implique que les Palestiniens devront à terme être reconnaissants à Israël de se plier non par devoir mais par don gratuit aux résolutions de l'ONU leur enjoignant de quitter les Territoires occupés. Il leur faudra beaucoup de constance pour montrer de la gratitude envers les bulldozers qui auront nivelé leurs quartiers.
La reconnaissance, il faut hélas le craindre, ne suffira pas. Rien de moins qu'un culte sera dû par les Palestiniens à Israël. En effet, M. Abecassis poursuit : «Ce sera encore la grandeur d'Israël de créer un État palestinien qui n'a jamais existé auparavant et de l'aider à apprendre ce que signifient la liberté, le dialogue et la paix. Ce sera encore la noblesse d'Israël de fonder une citoyenneté palestinienne inconnue dans l'histoire de la Terre sainte.» (p. 6) Devant tant de grandeur et de noblesse, on est conduit à se demander si les Palestiniens ne devront pas se voiler la face pendant le siècle qui suivra la pax judaïca et marcher à reculons chaque fois qu'ils rencontreront un Israélien. De tels textes font immanquablement penser à ces statues élevées à la gloire de tous les colonialismes, où l'on voit un général casqué et botté porter son regard au loin, pendant que se prosternent à ses genoux des indigènes qui ont brisé leurs chaînes et qui découvrent enfin la civilisation.
Le numéro d'août 2002 de la Tribune juive mentionne la déraison dans son titre, inspiré du dernier livre de Jean-Pierre Faye, qui a déjà publié un beau livre sur les langages totalitaires, en 1972. Qu'elle soit produite par la violence terroriste ou par l'humiliation infligée au plus faible, la menace la plus pernicieuse de la déraison est la virulence de sa contagion. Elle contamine même parfois ceux qui en sont les victimes désignées. Comme le montre le texte bien intentionné de M. Abecassis, il y a des façons de posséder la vérité qui lui font honte et la retournent contre elle-même. Les blessures de la condescendance sont parfois aussi profondes que celles d'un attentat.
Sources : Vigile net
Posté par Adriana Evangelizt



