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Pseudo: Adriana EvangeliztCatégorie: PolitiqueDescription:
De quel pays Nicolas Sarkozy est-il le Président ? Vu sa politique, on n'a pas l'impression qu'il est le président de France... quel malheur... Marianne agonise sous les coups de boutoir de l'anti-gaullisme...
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Vendredi 22 Février 2008

Pauvre France ! Entre les atlantistes Lellouche et Glucksmann, si Sarkozy est élu, des temps difficiles de préparent...

 
 
Glucksmann emballe l'UMP sur la Défense
Par Alain Auffray
L'ex-maoïste rallié à Sarkozy a remporté un gros succès devant les auditeurs de la convention de l'UMP consacrée à la Défense nationale •
Pierre Lellouche n'a pas caché sa très grande satisfaction, mercredi matin, en accueillant André Glucksmann à la tribune de la convention de l'UMP consacrée à la Défense nationale. Le député UMP se délecte encore de la tempête provoquée, dans le «Landerneau germanopratin», par le ralliement sarkozyste de l’ex-jeune maoïste.

Devant un public de militaires encivilés et de militants UMP, le philosophe a détaillé tout ce qu'on avait à craindre, selon lui, d¹une «weimarisation» d¹une planète bientôt incapable de faire face à la «mondialisation de la violence». Il invite à la critique rétrospective de la dissuasion. Car si l'on croit aux vertus de l¹équilibre de la terreur, on en vient logiquement à penser «qu¹après tout, les Iraniens seront peut-être plus sages avec que sans la bombe».

Nous vivons, poursuit Glucksmann, dans un monde débarrassé du «double tabou qui arrête l¹ultraguerre: Hiroshima et Auschwitz». Sur cette planète, il convient de «ne pas se tromper d¹alliance» et, comme De Gaulle en 1940, de se tourner vers l’Ouest: «Nous ne pouvons pas nous payer le luxe d’un anti-américanisme primaire».

Les auditeurs ont dû sagement attendre la fin du long et laborieux discours de la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie pour pouvoir féliciter le philosophe. Glucksmann a poliment reçu les hommages. Un conseiller municipal de Neuilly l’a trouvé «sublime»: «J’étais de ceux qui ont voté pour Sarkozy en 1983 lors de l’élection du maire» a précisé l’élu, pas peu fier d’avoir ainsi contribué à la carrière du candidat de l¹UMP.

A midi, le philosophe, apparemment pressé de prendre l’air, n¹a pas souhaité participer au déjeuner auquel l’invitait, en compagnie d¹une poignée de parlementaires, le Sénateur Serge Dassault, président de la Fédération professionnelle des métiers de la Défense.

Sources Libération
Posté par Adriana Evangelizt
 
Vendredi 22 Février 2008

Eh oui, ça devient grave pour la France. Les Lumières sont vraiment mortes et ce ne sont certainement pas ces lanternes qui vont nous éclairer. Où sont les vrais philosophes ? Barthes et Deleuze nous manquent...

Les intellectuels éternels

par Serge Halimi

 

 

Combien d’intellectuels la France compte-t-elle ? Une dizaine, guère plus. Qui sont-ils ? A peu près les mêmes qu’il y a dix ans, c’est-à-dire presque ceux d’il y a un quart de siècle. Que font-ils ? De la télévision. Quoi d’autre ? Ils virent à droite. Leurs noms : Bernard-Henri Lévy, Pierre Rosanvallon, Alain Finkielkraut, Max Gallo, André Glucksmann, Alain Minc, Pascal Bruckner. En 2005, pour résumer leur contribution au rayonnement intellectuel de la France, l’universitaire britannique Perry Anderson titra son livre La pensée tiède. Le reste de l’ouvrage était encore moins chaleureux que cet adjectif.

Le 13 février 2007, sous la houlette de Nicolas Demorand, l’émission d’information du matin « 7-9h30 » de France Inter a eu une idée qu’on aurait pu croire parodique. Celle de réunir au café Flore, « un café littéraire où artistes et intellectuels aiment se rencontrer à l’image de ceux d’hier (Sartre, Camus, Prévert) », ainsi que le précisait le site de l’émission, Bernard-Henri Lévy, Max Gallo, Thierry Pech (secrétaire général d’une association présidée par Pierre Rosanvallon) et, au téléphone, plus brièvement, Michel Onfray. On aura compris que ces cinq-là, très représentatifs de tout ce qui pense, crée, enseigne et écrit en France, essayaient d’expliquer l’attrait quasiment magnétique que M. Nicolas Sarkozy exercerait sur « les intellectuels ».

Deux jours plus tard, Le Nouvel Observateur, qu’une audace n’effraie jamais, consacrait sa « une » et son dossier principal à un sujet original : « Les intellos. Virent-ils à droite ? » Cinq visages se partageaient la couverture du magazine : Alain Finkielkraut, André Glucksmann, Bernard-Henri Lévy, Max Gallo et Michel Onfray. Dessous, en plus petits caractères, la liste des « intellos » comptait sept noms supplémentaires. Dans le dossier, la place de choix était néanmoins réservée à Bernard-Henri Lévy, l’« intello star » que, quelques jours plus tôt, son ami Jean-Pierre Elkabbach avait lui aussi invité (et louangé) sur Europe 1 (1).

Inutile de poursuivre. Chacun sait que dès qu’une idée bateau est lancée, la règle du pluralisme journalistique veut que tous les médias ou presque la reprennent en chœur. Et n’interrogent que ceux — ceux, pas « celles » : les douze « intellos » du Nouvel Observateur étaient en effet tous des hommes, comme d’ailleurs ceux de France Inter — qu’on a déjà entendus cent fois. Mais au fond, doit-on encore s’en étonner dès lors que n’est reconnu comme intellectuel que celui qui consacre sa vie aux médias qui le consacrent. Les autres, ceux de l’ombre, parfois précaires, ont, il est vrai, bien autre chose à faire. Ils travaillent ou militent ailleurs qu’au Flore, et sans attaché de presse. Il n’est pas certain que M. Nicolas Sarkozy exerce sur eux un magnétisme irrésistible.

(1) Le 21 février, Laurent Joffrin, PDG de Libération, a informé ses lecteurs que Bernard-Henri Lévy siégerait désormais au conseil de surveillance du quotidien. Ce dernier est déjà éditorialiste au Point, directeur de collection chez Grasset et président du conseil de surveillance de la chaîne Arte.

Sources Le Monde Diplomatique

Posté par Adriana Evangelizt

 
Vendredi 22 Février 2008

Qui se ressemble s'assemble.

BHL soutient Finkielkraut poursuivi en appel

par le cinéaste israélien Eyal Sivan

L'écrivain Bernard-Henri Lévy a témoigné mercredi en faveur du philosophe Alain Finkielkraut, poursuivi en diffamation devant la cour d'appel de Paris par le cinéaste israélien Eyal Sivan qu'il avait assimilé à l'un des acteurs de "l'antisémitisme juif" actuel.

Dans un entretien diffusé le 30 juin 2003 sur la Radio de la communauté juive (RCJ), à la suite de la diffusion sur Arte du film intitulé "Route 181, fragments d'un voyage en Palestine-Israël", le philosophe avait affirmé qu'Eyal Sivan, coréalisateur de cette oeuvre, était "l'un des acteurs de cette réalité particulièrement pénible, particulièrement effrayante, l'antisémitisme juif qui sévit aujourd'hui".

Le philosophe reprochait notamment au réalisateur d'avoir effectué dans son film un rapprochement entre le traitement infligé par Israël aux Palestiniens et la Shoah.

Devant la 11ème chambre de la cour d'appel, M. Lévy a tenu à exprimer son "entière solidarité, tant dans l'esprit que dans la lettre, avec les propos qu'a tenus M. Finkielkraut", affirmant ne pas comprendre "que l'on puisse parler de diffamation".

"J'aurais pu prononcer ces propos parce que si on considère la forme concrète que prend aujourd'hui l'antisémitisme, on peut dire que le film d'Eyal Sivan est antisémite", a ajouté M. Lévy.

De son côté, M. Sivan avait notamment fait citer comme témoin Sylvie Jézéquel, ex-directrice de l'unité de programmes Europe-Société-géopolitique d'Arte, qui avait programmé le film.

Cette dernière a dit avoir été "impressionnée par la violence des termes" utilisés par M. Finkielkraut, "des mots avec lesquels on ne joue pas".

"On peut ne pas aimer ce film et pas pour autant qualifier son auteur d'assassin antisémite", a-t-elle dit.

En première instance, M. Finkielkraut avait été relaxé par la 17ème chambre du tribunal correctionnel, cette dernière estimant que le prévenu n'avait imputé "à la partie civile que des attitudes intellectuelles et, ce faisant (ndlr: ne lui avait jamais imputé) un fait précis dont la vérité pourrait être prouvée".

L'avocat de M. Finkielkraut, Me Michel Laval, a plaidé que les propos de son client étaient "en proportion avec la nature du film". "Dans un débat d'idées, on peut dire à quelqu'un que sa position relève de l'antisémitisme juif", a-t-il estimé.

S'exprimant en dernier, le philosophe s'est d'abord indigné du qualificatif utilisé par l'avocat de M. Sivan, Me Antoine Comte, pour le définir: "On ne m'avait jamais encore qualifié de +maccarthyste franchouillard abscons+", a-t-il déclaré, avant d'inviter la cour à "ne pas laisser la haine entrer dans les prétoires".

En appel, seuls les intérêts civils sont en débat, ni le parquet, ni le prévenu n'ayant fait appel de la décision de première instance.

La cour rendra son arrêt le 28 mars.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

 
Vendredi 22 Février 2008

Finkielkraut est un malhonnête, un hypocrite et un menteur.  Même quand il est face à Edgar Morin -voir la video- on voit qu'il n'est pas franc...  il ne peut pas cacher qu'il est inféodé  à l'idéologie Sioniste. Il ne parle ni de la colonisation, ni des exactions, ni de rien... ses partis-pris et ses orientations ne leurrent plus il y a longtemps ceux qui se battent pour la justice, la vérité et la paix. Ces individus sont dangereux et nous n'avons qu'une chose à leur dire. Qu'ils  aillent donc en Israël et qu'ils nous foutent la paix ici. Ils sont la honte du Peuple Juif Juste. La honte. Titre de notre prochain livre qui va faire du bruit... on va leur montrer de quoi on est capable !

Alain Finkielkraut, bouffon du roi

par Dominique Vidal


 

Le plus surprenant, avec certains intellectuels médiatiques, c’est qu’à chacune de leurs dérives, alors qu’on croit qu’ils ont touché le fond, ils réussissent à tomber plus bas encore. Alain Finkielkraut en est le prototype. Après avoir encensé la journaliste islamophobe Oriana Fallaci, couru au secours des victimes d’une « ratonnade anti-Blancs », diffamé dans Haaretz la révolte des banlieues qualifiée de « pogrom contre la République (1)  », le voilà qui, ce samedi matin dans son émission « Répliques » sur France Culture, agresse les jeunes des cités.

A Joël Roman argumentant patiemment, dans l’esprit de son essai Eux et nous (2), pour que la France traite enfin également tous ses enfants, Finkielkraut oppose un discours nostalgique et réactionnaire, avec le concours attendu de Thierry Jonquet, lui aussi invité pour son roman Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte (3).

Plutôt que de réfléchir sur la situation des jeunes issus de l’immigration, l’animateur préfère entonner son refrain favori en dénonçant leur « haine sans précédent à l’égard de la culture française (…), une haine à laquelle les professeurs ne sont absolument pas habitués et dont je me demande si nous avons raison d’en rechercher l’origine dans je ne sais quelle culpabilité coloniale ». Et d’enchaîner : « N’y a-t-il pas un risque de voir l’esprit de pénitence alimenter et légitimer le ressentiment ? » Mais la réalité des discriminations ? « Y a-t-il discrimination à l’embauche, s’interroge-t-il, quand quelqu’un arrive encapuchonné et qu’il n’a pas d’autre langue à sa disposition que le “parler banlieue” qu’on entend dans L’Esquive ? » Il faut, dira-t-il en conclusion, « ne pas donner à ces paumés une mentalité d’ayants droit ».

A qui fera-t-on croire que le port de la capuche et le parler 9-3 expliquent l’absence d’emploi pour la moitié ou plus des jeunes de cité d’origine arabe ou africaine ? Le système… « On se place d’entrée de jeu, rétorque le philosophe, dans la posture de celui qui est une victime du chômage et du racisme. Je ne suis pas sûr que tout ce discours-là favorise vraiment la réconciliation. » Même la ghettoïsation, à ses yeux, résulterait parfois d’une « espèce de nettoyage ethnique » organisé par la pègre pour « rester entre soi ». C’est à de pareilles idioties qu’on mesure le sérieux de phrases pontifiantes du type : « L’antiracisme est une démarche fondamentale. Il ne faudrait pas qu’il devienne une idéologie et un alibi. »

D’autant que, quelques minutes plus tôt, Finkielkraut n’avait pas hésité à se transformer en propagandiste : « Nous vivons dans une situation tout à fait étrange où la diabolisation s’est déplacée. Et Le Pen en profite. Si aujourd’hui, l’antiracisme a un diable, c’est Nicolas Sarkozy. » Le philosophe poussera la servilité jusqu’à mentir pour dégager la responsabilité du ministre de l’intérieur dans le drame de Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2005 : il prétendra que, selon l’Inspection générale des services (IGS), les trois jeunes, avant de pénétrer dans le transformateur, étaient bien poursuivis par la police (ce qui est exact), mais parce qu’ils étaient en train de voler sur un chantier (ce qui est faux). Ce n’est pas le compte rendu qu’en faisait, le lendemain, la presse nationale.

Pour justifier cette droitisation, Alain Finkielkraut invoque, une fois encore, la menace qui pèserait sur les juifs français (4). L’affaire Fofana, à l’écouter, le prouverait. Tant d’excès amène à douter de la sincérité de l’obsession finkiekrautienne. Comment peut-on honnêtement nier les faits établis ? Les statistiques confirment le reflux des violences antijuives, après leur brusque croissance au début du siècle. Et démontrent que la majorité de ces agressions est le fait de « Français de souche ». Les sondages soulignent, en outre, la marginalisation de l’antisémitisme comme idéologie. En revanche, n’assiste-t-on à une forte poussée des préjugés et des violences contre les Arabes et les musulmans ?

C’est banaliser l’antisémitisme que de s’en servir comme d’un instrument de terrorisme intellectuel visant quiconque critique la politique de l’Etat d’Israël. Alain Finkielkraut, lui, n’a pas de ces scrupules. Dans un livre de dialogue (5), Rony Brauman lui a, par exemple, donné l’occasion — sans, hélas, lui répondre — de reprendre l’ignominie qu’il avait déjà proférée il y a deux ans : « Pour Le Monde diplomatique et Télérama, tous les sionistes sont des chiens, tous les juifs sont sionistes, donc tous les Juifs sont des chiens. » Et il aura fallu l’éventualité d’un procès pour que cette phrase disparaisse des exemplaires réimprimés…

Dans le 9-3, on appelle ce genre de personnage un « bouffon ». On sait maintenant que c’est celui du roi. Ou plutôt de celui qu’il espère voir régner…

Ecouter également l’émission « Là-bas si j’y suis » du 11 janvier 2007.

(1) Lire respectivement « Banlieues : qui a dit... ? » et « Italie : le racisme à l’honneur », « La valise diplomatique », 23 novembre et 15 décembre 2005.

(2) Coll. « Tapages », Hachette Littératures, Paris, 2006. Lire « Critique du “chauvin cosmopolite” », par Alain Gresh, Le Monde diplomatique, janvier 2007.

(3) Seuil, Paris, 2006.

(4) Il a notamment reproché aux contempteurs de l’esclavage d’« oublier » la traite arabe et de viser en fait les juifs. Le Monde diplomatique a d’ailleurs traité de l’un et l’autre sujets : Elikia M’Bokolo, « La dimension africaine de la traite des Noirs », avril 1998, et Steven Hahn, « Approches américaines de l’histoire de l’esclavage » et « Un bobard antisémite », mai 2006.

(5) La Discorde. Israël-Palestine, les Juifs et la France, Mille et une nuits, Paris, 2006.

Sources Le Monde Diplomatique

Posté par Adriana Evangelizt

 
Vendredi 22 Février 2008

Les récents propos racistes d’Alain Finkielkraut sur le caractère ethnico-religieux des émeutes urbaines, les bons côtés de la colonisation et de l’esclavage, la France qui « n’a fait que du bien aux Africains », l’équipe de football « Black-Black-Black », etc. [1], sont certes choquants, mais ils n’ont rien de surprenant ni d’exceptionnel...

Dès 1988, cet auteur décrétait la « défaite de la pensée », et désignait comme principal responsable « la pensée anticolonialiste » [2]. Quelques années plus tard, il apportait, devant la Commission Marceau Long, une justification « philosophique » au projet de loi Pasqua-Méhaignerie portant atteinte au droit du sol [3]. Puis, en 1997, il soutenait les lois Chevènement, et légitimait l’idée que des avantages sociaux soient réservés « à ceux que le hasard a fait naître de parents français » [4]. Après avoir apporté son soutien aux écrits anti-juifs et anti-immigrés de l’écrivain Renaud Camus [5], il fit l’éloge du pamphlet islamophobe d’Oriana Fallacci (selon lequel les musulmans « ne sont bons qu’à lever le cul en l’air cinq fois par jour » et à se « multiplier comme des rats ») en expliquant qu’elle avait « l’insigne mérite de regarder la réalité en face » [6]. Après avoir déclaré en 2002 que c’était « la réalité » (toujours elle !) qui avait « fait campagne pour Le Pen », il a accusé l’extrême gauche et les « jeunes de banlieue » arabes ou musulmans d’être les principaux vecteurs de l’antisémitisme. Il a naturellement milité pour l’exclusion des élèves portant le « voile-keffieh » (sic !), en déclarant que « l’Islam pose un problème particulier » [7]. L’an dernier, il ironisait sur « les victimes antillaises de l’esclavage qui vivent aujourd’hui de l’assistance de la Métropole », et s’inquiétait que « les Antilles filent un mauvais coton idéologique » (et que « la créolité puisse servir à entretenir, outre la haine de la France coloniale, la haine d’Israël, Etat juif si vous voulez, c’est-à-dire Etat non créole, non métissé ») [8].

On pourrait poursuivre longtemps l’énumération [9]. Mais l’individu Alain Finkielkraut ne mérite pas cet intérêt. Son délire raciste est bien sûr abject, mais il n’a rien d’exceptionnel. La haine et le mépris qui s’y expriment ne sont qu’un concentré de ce qui se déverse, à petites doses et sous des formes plus ou moins euphémisées, dans un grand nombre d’éditoriaux, d’articles de presse, de reportages télévisés ou de discours politiques. La radicalisation du propos est certes impressionnante, mais elle est loin de constituer un cas isolé dans l’élite littéraire, intellectuelle ou journalistique, où l’on observe une libération de la parole réactionnaire, xénophobe, anti-arabe, islamophobe ou négationniste à l’égard des crimes coloniaux ou de la Traite négrière (cf. Pierre-André Taguieff [10], Alexandre Adler [11], Max Gallo [12], Michel Houellebecq [13], Maurice Dantec [14], ou encore les éditorialistes et chroniqueurs Daniel Sibony, Claude Imbert, Jean Daniel et Philippe Val) [15].

C’est ce climat général, et non l’individu Finkielkraut, qui est le véritable problème : c’est la mollesse des réactions à ses propos ; c’est l’espace inouï que lui ont offert les grands médias pour « s’expliquer », sans laisser la parole à toutes celles et ceux que sa diatribe anti-noire et anti-arabe avaient insulté-e-s [16] ; c’est le soutien explicite que lui ont apporté plusieurs journaux (Le Point, Marianne, Le Figaro) et plusieurs intellectuels médiatiques (Alexandre Adler, Alain-Gérard Slama, Pascal Bruckner, Elisabeth Badinter) [17]. C’est le fait qu’aucun de ses employeurs, à commencer par l’Ecole polytechnique et une radio de service public, France Culture, ne lui ait demandé de comptes [18]. Ce qu’il faut combattre, c’est donc, au-delà de l’individu Finkielkraut, tout un climat idéologique, celui qui a rendu possible la déchéance morale de cet individu, sa dérive politique et l’expression décomplexée de ses pensées et pulsions les plus basses. C’est, également, le système social postcolonial qui entretient et perpétue les pires stéréotypes racistes. S’il est heureux que des associations poursuivent Alain Finkielkraut devant les tribunaux [19], le combat principal est politique : c’est le combat contre la société qui, en produisant des « indigènes », produit aussi des « petits blancs » [20] et donc des Finkielkraut. C’est le combat contre la vallée de larmes dont les élucubrations haineuses d’Alain Finkielkraut ne sont que l’auréole.

Collectif Les mots sont importants

Notes

[1] Cf. les extraits publiés par Le Monde diplomatique et la retranscription complète de l’entretien de Finkielkraut au journal Haaretz

[2] Cf. A. Finkielkraut, La défaite de la pensée, Gallimard, 1987

[3] Cf. S. Tissot, P. Tevanian, Dictionnaire de la lepénisation des esprits, Article « Sol et sang », L’esprit frappeur, 2002

[4] Cf. S. Tissot, P. Tevanian, Dictionnaire de la lepénisation des esprits, Article « Préférence nationale », L’esprit frappeur, 2002

5] Cf. le site de Renaud Camus . Ce site propose les principaux textes racistes de Renaud Camus et une grande partie des articles écrits à l’occasion de « l’affaire Renaud Camus », dont ceux d’Alain Finkielkraut. On lira aussi avec profit les analyses de Michel Tubiana, Henri Leclerc, Isabelle Rabineau, Hugo Marsan.

[6] Cf. V. Geisser, La nouvelle islamophobie, La découverte, 2003

[7] Cf. D. Liebman, « Finkielkraut se dévoile ! ».

[8] Cf. la retranscription complète de ces propos .

[9] Nous laissons notamment de côté, provisoirement, l’antiféminisme et l’homophobie maladive du philosophe, qui pourraient à elles seules faire l’objet d’une étude.

[10] Cf. « Une étrange éthique de la réflexion » et V. Mespoulet, « Taguieff : un allumeur d’incendies »

[11] Cf. le dossier qui lui est consacré sur le site Acrimed

[12] Cf. P. Tévanian, « Un négationnisme respectable »  

[13] Cf. la rubrique qui lui est consacrée sur lmsi.net

[14] Cf. D. Lindenberg, Le rappel à l’ordre. Essai sur les nouveaux réactionnaires, Seuil, 2003, et ce texte paru sur infozone

[15] Cf. P. Tévanian, Le voile médiatique, Raisons d’agir, 2005. Sur Philippe Val, cf. Acrimed et Réseau voltaire

[16] Cf. le texte de Henri Maler sur Acrimed

[17] Cf. l’excellent article de Mona Chollet, « Quand l’ignorance part en guerre au nom du savoir » sur le site Péripheries.net. Cf. aussi l’article de Aude Lancelin qui propose lui aussi une excellente analyse de l’affaire Finkielkraut.

[18] Une pétition a été adressée au Président de Radio France pour demander la suspension de l’émission « Répliques », animée par Alain Finkielkraut, mais elle a été très peu médiatisée, et peu d’intellectuels renommés l’ont signée.

[19] Et malheureux que d’autres, comme le MRAP, dont c’est pourtant la vocation et l’habitude, aient, pour des raisons qui nous échappent, renoncé à le faire après s’y être engagé.

[20] Cf. S. Bouamama, « La construction des petits blancs et les chemins du politique »

Sources Les Mots sont importants

Posté par Adriana Evangelizt

 
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